13 janvier 2006 5 13 /01 /janvier /2006 10:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !] 

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

hommage à Geneviève Clancy (morte le 11 octobre 2005)

 

Liza-Maria Winterhalter, comédienne et poétesse

http://lesmuses.site.voila.fr/liza.htm

précédente émission avec Liza-Maria Winterhalter :
LdJ Pierre Dehaye 16/12

 

Geneviève Clancy

http://www.editions-harmattan.fr/vitrine_pop.asp?no=3977
http://www.printempsdespoetes.com/le_livre/moteur.php?fiche_poete&cle=664
http://perso.wanadoo.fr/revue.faire.part/Bio_Clancy.htm

 

"Les cahiers de la nuit"

 

florilège :

[NDLR : extraits pris « sous la dictée »,  donc sous toute réserve, notamment sur le plan de la mise en page et de la ponctuation...]

 

Prologue

« Le rouge du soir retient le soir.
Les gestes s’effacent dans la courbe des choses.
La nuit vient. Comment compter la nuit ?
Les mots n’apaisent pas le vide qui les sépare de ce qu’ils nomment.
Ils accueillent sur le seuil la rumeur qui porte l’inconnu de l’accompli,
la nuit impénétrable qui nous pénètre,
paradoxe de paix et de peur,
double visage du calme infini et de la malignité des ténèbres.
Comment faire la nuit en nous,
penser le monde non plus dans une conscience des choses,
mais selon une conscience du parcours des choses dans l’immanence qui unit la pensée à l’univers ?

(...)

Ce qu’il y a d’invisible dans la part éclairée des mondes est éclairé par la nuit. »

 

1re partie : « Les lumières du devenir »

« La soif première qui lie homme et lumière n’est pas une nostalgie.
Elle est dans les yeux dix regards de l’enfant traversant les décombres,
dans cette beauté qui garde indéchiffrable le destin du jour,
la courbe verticale de la nuit gardienne des avenues.
Assurer la résonance du pas dans la nuit est l’oeuvre des forces d’irréalité pour s’arracher au néant. »

(...)

« Le matin sobre de vivre ne vaut pas à n’importe quel prix.
Le sacrifice s’apparente à l’origine, cet en delà nuptial de la fin et de l’aurore.
La nuit est ce sentier sans rives des amandes claires.
Nous sommes ingouvernables, notre vol est au futur.
Seule la faim d’absolu désaltère le réel. »

« La voix blanche des choses est le seuil gardé du verbe et des signes.
Qu’attend la source pétrifiée en protégeant son murmure ?
Les détachés de l’inconnu sont les passants de l’harmonie soudaine
Entre l’instant et le temps.
La souffrance cristallise l’espace ; plus rien ne peut se déployer.
Le sens est carcéral ; la durée est prise dans les glaces. »

(...)

« Il y a des messages lisibles seulement depuis l’invisible. »

(...)

« Quel est ce monde où il ne reste que la mort pour défendre le sens de la vie ?
Les mots deviennent des silences errant à l’incendie du temps.
Que sait la conscience à l’instant du sacrifice ?
qu’elle franchit son humanité ou qu’elle en protège le seuil...
Quelle lumière de lumière découvre-t-elle par l’entrée de la nuit ?
La proximité quotidienne de l’inique et du malheur innaturel,
Le regard de fatalité impuissante dont on les accompagne
Fait abîme.
Il en a toujours été ainsi, dit-on.
La simple beauté de devenir au coeur des autres ne fut-elle jamais ?
Par quelle déchirure de l’obscur peut-on voir que ce qui ne fut jamais pourtant est ?
Voir cet interstice le plus approché de la liberté
où le réel hante l’irréel comme son double...
La révolte est cette voyante qui fait route vers la proximité des irréels.
Son chemin n’éclaire pas le sens de l’histoire, il en révèle l’être.
Ce bruit de nuit entre le fleuve et ses rives : instant de pure présence à l’être selon ses fonds,
Présence à la verticalité, détachant les ombres,
Approche du littoral tutélaire
de la lumière »

(...)

« La parole entend le bruit de l’étoile.
La détresse a ses échos dans le refus de l’inadmissible.
Elle éclaire ce que mourir, pour vivre, a de philosophique.
Révélation de la nature du temps historique où elle vient,
Elle en dessine l’inhabitable pour en devenir humain.
Cet engagement pour la hauteur de vivre ne se voit que depuis le regard intérieur.
Ce voir de nuit par les choses remonte à la naissance de leur forme,
Ce voir de nuit traversant l’épaisseur sensible jusqu’à son espace de lumière,
Ce voir de nuit, présence d’un monde dont on réalise qu’il est autre
En étant resté le même.
Un homme perdu s’étend au sol, épuisé, sous la nuit.
Pressentant une présence, il appelle.
Une voix lui répond :
‘Prends le chemin invisible qui passe le long de ta route.’ »

 

2e partie : « Cristaux de nuit »

« Ecouter le corps intérieur des pierres.
Effleurer la présence de l’illisible dans l’impénétrable.
Entrer en nuit.
La conscience est cernée d’infranchissable,
Ce vide entre les choses et leur nom,
Pour lequel elles ne possèdent aucune expression.
Il lui faut changer de plan et devenir conscience nuitale,
Pensée pouvant franchir cette grande absence.
Ecouter l’incandescence sourde des lignes,
Effleurer le cantique morcelé des ailleurs.
Entrer en nuit.
La nuit, comme pensée, abolit le vide qui sépare la conscience du langage.
Elle transforme les mots en miroir de l’indicible.
La parole devient alors reflet de l’inexprimable.
La conscience en son plan nuit ne nomme plus la réalité
Mais s’offre à elle en résonance de ses formes
Ecoutez l’écart où passe la nuit éclairante des signes.
Effleurez la part infinitive des choses dans ses miroirs.
Entrez en nuit. »

 

illustration musicale :

 

Georges Enesco, extraits de la Symphonie de chambre, op. 33 (1954)

 

furent évoqués :

 

Éditions de l’Harmattan
http://www.harmattan.fr

 

Collection Poètes des cinq continents
http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=collection&no=116

 

revue "Le coin de table"
http://www.printempsdespoetes.com/le_livre/moteur.php?fiche_edi&cle=285

 

Sabine Sicaud (1913-1928)



http://poesie.webnet.fr/auteurs/sicaud.html
http://www.florilege.free.fr/florilege/sicaud/a.htm

 

Pierre Albert-Birot (1876-1967)



http://perso.wanadoo.fr/hotelbeury/hotelbeury_html/hotel_beury_albert-birot.html
http://www.florilege.free.fr/florilege/albert_b/
« Un poème est un ciel où le poète se retire. »

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)

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