7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

Baudingam Bahuana-Lebbeorran, poète tchadien, ancien diplomate
http://www.noisy-le-grand.fr/Download/Noisy%20113.pdf (page 23)

"Les entretiens du Parc Beaumont"



« Pau, 24 boulevard des Pyrénées, 12/2/92, 10h13
A Oulouna Tchombi de Halami

Qu’est-ce que c’est que ce gouvernement
Qui tue, spolie, vole et terrorise ?
As-tu vu ces yeux exorbités, ces larmes ?
As-tu entendu ces cris de gémissement
Obtenus sous la terreur ?
Qu’est-ce que c’est ?
Qu’est que c’est que ce gouvernement
Qui détruit au lieu de bâtir, anéantit
Au lieu d’insuffler l’ardeur,
Le courage, la fierté d’un peuple, d’un Etat, d’une nation ?
De bassesse en bassesse les mots me manquent.
Quelle force et forme de mépris faudrait-il leur opposer ?
Oulouna, as-tu vu
Ces yeux exorbités de femmes et d’enfants,
De vieillards et d’infirmes sans défense,
Blessés dans leur chair, amoindris dans leur âme,
Dont l’existence, jusqu’à l’amour propre,
Est outrageusement offensée, insultée, anéantie ?
As-tu entendu, Oulouna,
Ces cris de désespoirs
Psalmodiés sous la contrainte, étouffés dans le sang.
As-tu vu
Le blanc de leurs yeux rougis, blafards et sans éclat,
Implorant une juste mort, digne et sans haine ?
As-tu vu le peuple tchadien à genoux devant l’histoire ?
As-tu ressenti sa déchéance, son humiliation honteuse ?
Oulouna, je décris ce que je n’ose décrire.
J’invoque par la parole ce que je dois anéantir par les actes.
Combien de jours, de mois, d’années encore à venir
Devons-nous voir se perpétuer ce massacre atroce
D’un gouvernement contre son propre peuple ?
Entendre prononcer ces paroles par ma bouche
Ne saurait t’étonner ici en France
Et ailleurs dans le monde.
Le concept du droit d’ingérence a largement été
Accepté, initié et lancé par la France.
Il devrait s’appliquer aux gouvernements que soutient la France.
Au Tchad les Mirages, les F15, les Jaguars et autres armes
Sont les parapluies qui étouffent
Les jets de sang du peuple tchadien en révolte. »

 

déclaration de Pascal Payen-Appenzeller en cours d'émission :

« Plus que jamais, mes amis, je voudrais prendre position, lutter contre ce
qui, d’ailleurs, aujourd’hui, dans la déconstruction de la poésie, dans
l’absence de lyrisme, est en somme un objectif, mené depuis le Parnasse. Et
j’aime  beaucoup Théodore de Banville... Mais enfin ! La forme est moins
importante que le fond. Les mots les plus simples sont le chant du poète,
c’est-à-dire celui qui fait le monde, donne à la réalité sa véritable
vertu : le courage d’avoir un visage... Et cette poésie où vous direz :
« Mais n’est-ce pas un discours politique ? De quoi s’agit-il ? Quelle est
cette prose ? Où sont les rimes ? A quoi ça rime ? », ça rime à l’humanité.
Voilà ce que c’est que le chant d’un poète... Et nous, ici, en France, nous
n’avons plus de réelle poésie politique, parce que nous ne savons plus
protester. Nous ne savons plus être poètes. Je tiens bien que la plupart des
poètes aujourd’hui travaillent le langage, le petit sentiment, la petite
confession, enfin toutes ces imbécillités qui me permettent de prendre
position : la poésie est communion humaine. »

 

poème de Pascal Payen-Appenzeller :

« Par mes yeux levés dans les vôtres,
Pâte du regard au levain,
Reconnaissant le pouvoir d’une magie naturelle,
Je vois enfin le sourire se former en merci.
Ce bonheur léger qui ne passe pas dans les mots,
Comme une source qui jaillirait sous l’herbe,
Continuerait d’y couler sans se montrer
Autrement qu’en perles,
Tournant en colliers des siestes peintes par Monsieur Courbet.
J’ouvre les livres à la page des simples qui ne fanent pas.
L’escalier traverse les étages aux portes ouvertes.
Le toit de la vie se soulève comme une poitrine. »

 

coup de foudre de Pascal Payen-Appenzeller :

Yvon le Men : "Besoin de poème : Lettre à mon père"



« Qu’en est-il de celle, de celui qui jamais ne lit ?
Dans quelle langue son poème s’écrit-il ?
Celle des nuages, qui dans le ciel bleu ressemblent à des montagnes ?
Celle de la neige, qui sur le sol ressemble à un manteau blanc ?
Celle de la mer qui à l’horizon ressemble à du ciel tombé par terre ?
D’où viennent les images de celui qui ignore le poème
Et dont la langue est faite de phrases mortes
Et mille fois récitées ?
Elle tourne autour du temps qu’il fait, fera, faisait,
De la vie qui passe, passera, passait.
Ses yeux regardent mais ne voient pas
Et s’ils voient ne savent pas nommer.
Sa langue connaît les mots
Mais pas les verbes qui les tiennent, les montent, les chantent.
Elle passe du rire au larme, sans rien dire,
Alors que les larmes et les rires auraient besoin de notes justement placées
dans la phrase.
S’il n’y avait la météo, le chômage, la guerre ici ou là,
Les enfants des autres qui naissent,
Les parents des autres qui meurent
Il n’y aurait aucun sujet de conversation.
Pourtant celui qui ignore le poème connaît le silence,
Celui qui ignore le poème sait malgré lui que le silence est au coeur du
poème.
Et pourtant celui qui ignore le poème n’ignore pas
Le jaune de la rose du jardin, le rouge de la pomme à couteaux
Et le parfum du lys qui s’accroche à la robe de la jeune femme
Celui qui ignore le poème n’ignore pas
Le chant de l’alouette dans le lointain du ciel,
L’ombre du nuage sur l’herbe de la prairie,
Le départ de l’hirondelle à la fin de l’été
Et le retour de l’enfant à la sortie de l’école.
Celui qui ignore le poème n’ignore pas le travail de la mort
Sur le visage de l’épouse,
Du chagrin dans le corps de la veuve.
Celui qui ignore le poème
Sait cueillir un bouquet de fleurs et une poignée de haricots pour le retour
de sa fille.
Mais si tu lui demandes des mots, son regard s’assombrit
Et ses poings se referment sur des paroles qui ne seront pas dites
Et dont les noms ne connaissent pas d’adjectif.
Mais quand celui qui ignore le poème pleure, même en silence,
Le poème en lui trouve sa route,
Même dans le silence de ses larmes. »

[NDLR : poèmes notés sous la dictée, donc communiqués sous toute réserve, notamment sur le plan de la ponctuation et de la mise en page]

 

furent évoqués :

 

le Parc Beaumont, à Pau

 

Djéour Cissokho, musicien

http://www.afrik.com/musik/artiste.php?id_artiste=1551
http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/073/article_15978.asp

 

Werner Lambersy, poète belge

http://www.wernerlambersy.com
http://www.printempsdespoetes.com/le_livre/moteur.php?fiche_poete&cle=240&nom=Werner%20Lambersy

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)

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