14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 17:00


[article rédigé par Antonio, merci à lui !]

 

Napoléon et les questions religieuses

 

Bernard Plongeron, directeur de recherche émérite au CNRS, professeur honoraire de l'Institut catholique de Paris, écrivain

"Des résistances religieuses à Napoléon, 1799-1813"
http://www.fnac.com/Shelf/article.asp?PRID=1828475

 

1799 : étape préliminaire au futur concordat de 1801

1813 : le faux concordat. Malgré la rétractation du pape, Napoléon a publié le concordat de Fontainebleau comme loi de l’Empire

 

Le fil rouge de l'ouvrage : Les libertés gallicanes (ou la dépendance toute relative du clergé français vis-à-vis de Rome)

 

Furent évoqués :

 

 La situation à la fin de la Révolution

- L'Eglise réfractaire et clandestine

- L'Eglise constitutionnelle, condamnée par le pape Pie VI

- Le retour petit à petit du clergé émigré et l'Eglise qui redevient gallicane

- Le Concile national permettant de faire le point, d'y voir plus clair (1797), prélude au Concile de 1801, inabouti du fait du Concordat.

- L'état d'esprit des fidèles et l'enquête du comte de Montlozier distinguant en l'occurrence culte et foi : le premier se portant bien (et pour cause), contrairement à la seconde. Comme disait un général pas trop catho, « Mieux vaut des cloches sans messes que des messes sans cloches »

Sujet délicat : Les fidèles sont attachés à ceux des évêques nommés après Thermidor, pendant la période directoriale, et qui furent de très bons évêques. En relation avec cette situation, le problème du relativisme, de la validité des sacrements et de l'insinuation de la double vérité : deux baptêmes, deux mariages, etc. Problème déjà traité par saint Augustin et saint Cyprien et que l'on retrouvera avec Vatican I et Vatican II...

 

 Le concordat de 1801

Le besoin de Bonaparte : la paix civile, ce qui suppose que cessent les querelles entre catholiques, que soient mis au pas les évêques émigrés. Il veut donc une religion fonctionnaliste, organiciste, avec des évêques qui soient des fonctionnaires à la botte (comme dans le cadre de la constitution civile du clergé), les "Préfets violets". Pour ce faire, Bonaparte a besoin d'en passer par l'autorité du pape, lequel entre temps demande aux évêques légitimes de démissionner (plus de trente refusent, dont certains seront à l'origine de la Petite Eglise). A charge du premier Consul de demander la démission des évêques constitutionnels (dont la validité du sacre ne sera jamais remise en cause). Se pose ensuite la question de leur réintégration dans le corps concordataire, ce dont les évêques légitimes ne veulent pas. Il faudra trouver un moyen légal pour que le pape finisse par accepter. Celui-ci, dans le bref "Post multos labores", recommanda que, d'une manière fraternelle, on aboutisse à une entente avec les évêques constitutionnels. Ce qu'on ne savait pas, c'est que ce bref avait été caviardé, pour affirmer que ces évêques étaient irrémédiablement schismatiques. Le mal était fait et les constitutionnels entrés dans le clergé concordataire refuseront de se rétracter... On est dans une impasse (alors que se profilent le sacre et le couronnement).

Pour connaître le contenu du concordat de 1801
http://www.eglise-etat.org/Concordat.html

 

 Le Concordat fut-il une bonne chose pour l'Eglise de France ? Effet positif visible : la paix civile effective. Au plan spirituel, la réponse est négative. On retiendra que du fait des contraintes des articles organiques, ajoutés de la main de Napoléon et, pour déni de pouvoir, non reconnus par Rome,  le régime concordataire « ne fut pas un long fleuve tranquille »...

 

 De l'autre côté des Alpes : Pie VII a conscience qu'il s'est fait avoir avec les articles organiques pour la France, et refuse un concordat semblable pour le royaume d'Italie. En 1803, Bonaparte fait reprendre les négociations. On arrive à quelque chose de moins dur ("Art 1 : la religion catholique et romaine est religion d'État...) mais la rupture concordataire se produit en 1805. Passage en force de Napoléon avec le décret mettant en vigueur le concordat de 1803.

 

 1809 : le pape est mis au secret à Savone. Sur le spirituel il reste intransigeant. Son arme absolue : le refus de l'investiture des évêques (1808) faisant que 27 des 130 sièges épiscopaux de l'Empire demeurent vacants. L'Eglise en profondeur est désorganisée (même si en surface ça fonctionne, du fait des articles organiques).

 

 Le concordat de Fontainebleau du 25 janvier 1813 et rétractation de Pie VII (toujours prisonnier) le 23 mars 1813. Le concordat ne contient plus que les fameux articles organiques, refusés par Rome. En fait, obtus aux problèmes religieux, Napoléon a perdu face au pape, tandis que « L'homme Pie VII » a gagné la ferveur du peuple français.

 

 Quelques acteurs :

- Le Ier consul, Napoléon Bonaparte (1769-1821) couronné empereur en 1804

 

- Pie VII (1742-1823) élu pape en 1800. Alors qu'il n'était encore qu'évêque d'Imola, Bonaparte avait dit de lui « Cet évêque prêche comme un républicain ».  Curieusement, il n'existe pas de biographie scientifique de Pie VII.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pie_VII
http://www.19e.org/personnages/etranger/pie7.htm

 

- Ercole Consalvi (1757-1824) cardinal secrétaire d'État de Pie VII

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ercole_Consalvi

 

- Joseph Fouché (1759-1820), ministre de la Police

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Fouch%C3%A9

 

- Jean Étienne Marie Portalis (1746-1807), ministre des Cultes, qui à ce titre n'a jamais fait l'objet d'une thèse, alors qu'on a pas mal d'études concernant Portalis et le Code civil.


 

Chronique de Mélisande Chauveau : "Raconte-moi la musique"

 

Fanny Mendelssohn, compositeur (1805-1847), sœur de Félix Mendelssohn (1809-1847)

 

http://sisyphe.org/article.php3?id_article=832

 

Fanny, sœur aînée de Félix Mendelssohn, avait un talent au moins égal à celui de son frère. Bien que meilleure pianiste que lui, à 15 ans, elle dut se soumettre à l'injonction de leur père, comme quoi une femme ne peut exercer un quelconque métier, fût-il celui de compositeur. Quelques années plus tard, elle épousera le peintre Hensel qui, le lendemain de leurs noces, la fera s'asseoir à son piano et lui offrira du papier à musique : désormais elle ne cessera plus de composer et jouer chez elle, y donnant les concerts les plus prisés de Berlin. Son époux lui offrira plus tard, en 1839, le voyage à Rome, le rêve de toute sa vie et elle y obtiendra la reconnaissance des artistes rencontrés à la Villa Médicis, Gounod, Ingres, Dugasseau.

Quand on pense que, gamine, elle offrit comme cadeau à sa maman l'exécution intégrale du clavecin bien tempéré, appris de mémoire, en cachette...

Eva Rehfuss, arrière-petite-fille de Félix, parlant à Mélisande Chauveau de Fanny et Félix : « Ils avaient composé à quatre mains »

 

[NDLR : Au sujet de la condition féminine. Que serait la musique aujourd'hui si Mozart était né fille ? Pour sa part, la compatriote de Fanny, Emmy Noether (1882-1935) fut un génie dans le domaine des mathématiques. Quand on demanda à Edmund Landau si elle était vraiment une grande mathématicienne, la réponse fusa « J'ignore si c'est une mathématicienne, mais j'affirme que c'est un grand mathématicien. » En tout état de cause, Emmy ne se maria pas, pour se plier aux convenances sociales. Pour sa part, Sophie Germain (1776-1831) dut étudier les mathématiques en cachette, puis se faire passer pour M. Leblanc, élève de l'école Polytechnique, pour arriver à ses fins et devenir un très grand mathématicien. O tempora... ]


 

, Thérèse Monniaux, organisatrice de concerts

 

Les Pueri cantores de Daegu, qui viennent de Corée pour participer au Festival International de Chant Grégorien de Watou (Belgique). Les petits Coréens seront dirigés par Sœur Catharina J.S. Kim, de l'ordre des Sœurs de Saint Paul de Chartres.

 

Le Festival International de Chant Grégorien de Watou (24 mai - 28 mai 2006)
http://www.festivalwatou.be

 

Les Pueri cantores de Daegu donneront auparavant deux concerts :

Le samedi 20 mai 2006, à Chaumont-sur-Loire (41150), en l'église Saint-Nicolas (?), à 20h30

Le dimanche 21 mai 2006, à Lamotte-Beuvron (41600), en l'église Sainte Anne, à 17h
http://www.unavoce.fr/content/view/307/2/

 

Au cours de l'émission, on a entendu la Schola Saint Martin dans "Alleluia! Magnus Dominus"
http://scholasaintmartin.free.fr


 

Poésie et musique dans les compositions de Claude Tricot

 

Anne-Madeleine Tricot, professeur de Lettres classiques, fille de Claude Tricot

 

Cet entretien constitue la deuxième partie du LJ Didier Rochard 23/4/2006

 

On a entendu d'autres poèmes mis en musique par Claude Tricot, toujours avec pour récitants Brigitte Fossey et Jean-Laurent puis chantés par la soprano Cécile Dibon-Lafarge (Claude Tricot est au piano).

 

 Louise Labé "La Belle Cordière" (1524-1566)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_Lab%C3%A9

 

"Je vis, je meurs"

Je vis, je meurs: je me brûle et me noie,
J'ai chaud extrême en endurant froidure;
La vie m'est et trop molle et trop dure,
J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

Tout en un coup je ris et je larmoie,
Et en plaisir maint grief tourment j'endure,
Mon bien s'en va, et à jamais il dure,
Tout en un coup je sèche et je verdoie.

Ainsi Amour inconstamment me mène
Et, quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis, quand je crois ma joie être certaine,
Et être en haut de mon désiré heur,
Il me remet en mon premier malheur.

 

 Joachim du Bellay (1522-1560)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joachim_du_Bellay

 

"Sur un chapelet de roses"

Tu m'as fait un chapeau de roses
Qui semblent tes deux lèvres closes,
Et de lis fraîchement cueillis
Qui semblent tes beaux doigts polis,
Les liant d'un fil d'or ensemble,
Qui à tes blonds cheveux ressemble.
Mais si, jeune, tu entendais
L'ouvrage qu'ont tissu tes doigts,
Tu ferais, peut être, plus sage
A prévoir, ton futur dommage.
Ces roses plus ne rougiront,
Et ces lis plus ne blanchiront
La fleur des ans, qui peu séjourne,
S'en fuit, et jamais ne retourne,
Et le fil te montre combien
La vie est un fragile bien.
Pourquoi donc m'es tu si rebelle ?
Mais pourquoi t'es tu si cruelle ?
Si tu n'as point pitié de moi,
Aie au moins pitié de toi.

 

 François Villon ((né en 1431 ou 1432, disparu en 1463)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Villon

 

"Ballade des dames du temps jadis"

Dictes moi où, n’en quel pays
Est Flora la belle Romaine,
Archipïades ne Thaïs
Qui fut sa cousine germaine,
Echo parlant quand bruyt on maine
Dessus rivière ou sus estan,
Qui beaulté ot trop plus qu’humaine,
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui chastré fut et puis moyne
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour ot ceste essoyne,
Semblablement, où est la royne
Qui commanda que Buridan
Fust geté en ung sac en Saine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La royne Blanche comme lis
Qui chantoit à voix de seraine,
Berte au grant pied, Bietris, Alis,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jehanne, la bonne Lorraine
Qu'Englois bruslerent à Rouan ;
Où sont-ilz, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerez de sepmaine
Ou elles sont, ne de cest an,
Qu'a ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?

 

 Guillaume Apollinaire (1880-1918)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Apollinaire

 

"L'adieu"

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends

 

"Le pont Mirabeau"

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure.

 

 Henri de Régnier (1864-1936)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_de_R%C3%A9gnier

 

"Odelette"

Si j'ai parlé
De mon amour, c'est à l'eau lente
Qui m'écoute quand je me penche
Sur elle ; si j'ai parlé
De mon amour, c'est au vent
Qui rit et chuchote entre les branches ;
Si j'ai parlé de mon amour, c'est à l'oiseau
Qui passe et chante
Avec le vent ;
Si j'ai parlé
C'est à l'écho.

Si j'ai aimé de grand amour,
Triste ou joyeux,
Ce sont tes yeux ;
Si j'ai aimé de grand amour,
Ce fut ta bouche grave et douce,
Ce fut ta bouche ;
Si j'ai aimé de grand amour,
Ce furent ta chair tiède et tes mains fraîches,
Et c'est ton ombre que je cherche.

(Les Jeux rustiques et divins)

 

 Victor Hugo (1802-1885)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo

 

"Ô souvenirs ! printemps ! aurore !"

Ô souvenirs ! printemps ! aurore !
Doux rayon triste et réchauffant !
- Lorsqu'elle était petite encore,
Que sa sœur était tout enfant... -

Connaissez-vous, sur la colline
Qui joint Montlignon à Saint-Leu,
Une terrasse qui s'incline
Entre un bois sombre et le ciel bleu ?

C'est là que nous vivions, - Pénètre,
Mon cœur, dans ce passé charmant !
Je l'entendais sous ma fenêtre
Jouer le matin doucement.

Elle courait dans la rosée,
Sans bruit, de peur de m'éveiller ;
Moi, je n'ouvrais pas la croisée,
De peur de la faire envoler.

Ses frères riaient... - Aube pure !
Tout chantait dans ces frais berceaux,
Ma famille avec la nature,
Mes enfants avec les oiseaux ! -

Je toussais, on devenait brave.
Elle montait à petits pas,
Et me disait d'un air très grave :
« J'ai laissé les enfants en bas. »

Qu'elle fût bien ou mal coiffée,
Que mon cœur fût triste ou joyeux,
Je l'admirais. C'était ma fée,
Et le doux astre de mes yeux !

Nous jouions toute la journée.
Ô jeux charmants ! chers entretiens !
Le soir, comme elle était l'aînée,
Elle me disait : " Père, viens !

Nous allons t'apporter ta chaise,
Conte-nous une histoire, dis ! " -
Et je voyais rayonner d'aise
Tous ces regards du paradis.

Alors, prodiguant les carnages,
J'inventais un conte profond
Dont je trouvais les personnages
Parmi les ombres du plafond.

Toujours, ces quatre douces têtes
Riaient, comme à cet âge on rit,
De voir d'affreux géants très-bêtes
Vaincus par des nains pleins d'esprit.

J'étais l'Arioste et l'Homère
D'un poème éclos d'un seul jet ;
Pendant que je parlais, leur mère
Les regardait rire, et songeait.

Leur aïeul, qui lisait dans l'ombre,
Sur eux parfois levait les yeux,
Et moi, par la fenêtre sombre
J'entrevoyais un coin des cieux !

(Les Lamentations)

 

Pour trouver les partitions, contacter les éditions Choudens (mais attention, elles sont en pleine restructuration...)
http://www.cdmc.asso.fr/flash/html/08carnet/edition/editiongraphfr.htm

 

catégorie : LJ Didier Rochard

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