9 juillet 2006 7 09 /07 /juillet /2006 17:00


[article rédigé par Antonio, merci à lui !]

 

Réflexions sur la présence et l'avenir de l'Eglise

Cette émission fait suite à celle du 16 avril 2006

 

Isabelle Mourral, inspectrice générale honoraire de l'Education nationale, présidente d'honneur de l'association des écrivains catholiques, vice-présidente de l'association des philosophes chrétiens et ancien patron d'émission de Lumière 101

 Cardinal Paul Poupard, président du Conseil Pontifical de la Culture

 

Cardinal Paul Poupard, "Le catholicisme au défi des cultures", textes réunis par Isabelle Mourral

http://www.editions-de-paris.com/article.php3?id_article=175

 

Présentation par Isabelle Mourral :

L'objet du livre est d'offrir au public la synthèse d'une expérience exceptionnelle, acquise par Mgr Poupard à la Secrétairerie d'Etat des papes Jean XXIII et Paul VI, à l'Institut catholique de Paris, au Conseil pour le Dialogue avec les Non-Croyants (fusionné par Jean-Paul II avec le Conseil Pontifical de la Culture). Cette expérience est relative à la place tenue par le catholicisme hier et aujourd'hui dans le monde et à celle qu'on peut espérer lui voir tenir demain, pour le bien commun. Cette synthèse a été réalisée selon un groupement raisonné, à partir du contenu de douze ouvrages du Cardinal Paul Poupard.

L'ouvrage, aisément accessible, dissipe beaucoup d'erreurs, il ouvre des champs d'action, éclaire et tonifie les esprits incertains : Qu'est-ce que l'Eglise, sa doctrine, son évolution, sa permanence, les problèmes qui lui sont posés aujourd'hui, pour les comprendre et y trouver des solutions.

Le livre est découpé en 5 parties, selon le plan présenté dans l'émission du 16 avril (la Doctrine, l'Histoire, les défis actuels, l'Eglise, Demain).

 

Furent évoqués :

 

Le Symbole de Nicée
http://cpdl.org/wiki/index.php/Credo

 

Le concile Vatican II, ce qu'il dit et ce qu'on a voulu lui faire dire, par exemple sur la liberté religieuse (l'acte de foi ne peut être qu'un acte libre, que le pouvoir civil doit garantir), la liturgie, la tradition (fidélité, conservatisme étroit ?)

http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Concile_Vatican_II

 

 Les outils de l'évangélisation et de la profusion de la Parole divine

 

Les phénomènes culturels au cours du XXe siècle, dans le monde occidental et ses "libertés". Autant d'individus, autant d'opinions toutes aussi valables, ce qui engendre simultanément tolérance et incertitude (pour tel philosophe, « Penser, c'est être incertain »), alors que le bon usage de la raison est cramponné aux notions de vérité, de l'absolu, de l'universel, sans lesquelles nous ne pouvons plus accepter l'enseignement catholique et faisons dire ce que nous voulons à Vatican II. En contrepoint aux libertés, la pensée, la culture dominantes des intellectuels, tous éléments facteurs de blocage de la vérité.

 

Le jugement de Jean-Paul II à l'approche du 3e millénaire : « Allez vers le large », dans sa lettre apostolique "Novo Millenio Ineunte"

 

« ... Chers frères et sœurs, quelles richesses le Concile Vatican II ne nous a-t-il pas données dans ses orientations ! ... Ces textes ne perdent rien de leur valeur ni de leur éclat. Il est nécessaire qu'ils soient lus de manière appropriée, qu'ils soient connus et assimilés, comme des textes qualifiés et normatifs du Magistère, à l'intérieur de la Tradition de l'église. Alors que le Jubilé est achevé, je me sens plus que jamais le devoir d'indiquer le Concile comme la grande grâce dont l'Eglise a bénéficié au vingtième siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence. »

Les textes doivent donc être lus de manière appropriée, on ne doit pas se contenter de parler de ce qui a été écrit au sujet du concile, à commencer par les journalistes qui en ont été les grands reporters. Il ne faut pas se laisser impressionner par un prétendu "esprit" du concile, mais être attentif à son véritable enseignement.

 

 La confirmation apportée par Benoit XVI, dès le lendemain de son élection, à ce qu'a dit Jean-Paul II



« Je veux moi aussi, au moment d'entreprendre le service du successeur de Pierre, affirmer avec force ma volonté déterminée de poursuivre la mise en œuvre du concile Vatican II sur les traces de mes prédécesseurs et dans la fidèle continuité avec la tradition bimillénaire de l'Eglise. »

http://pastoralefamiliale.free.fr/txtnovomillenioineunte.htm

 

La misère spirituelle de l'homme. L'homme est essentiellement religieux et sa misère spirituelle le conduit vers des cultures, des religions, de remplacement, parfois extravagantes, puériles, irrationnelles.

 

▶ Le changement de sens du mot "culture". Pour les gens "cultivés", instruits, pour les universitaires, ce mot désignait un savoir au-dessus de la moyenne, raffiné, approfondi et très exact. Sous l'influence d'anthropologues, généralement d'origine non française, c'est devenu la manière de penser et de vivre. Nous sommes devenus prisonniers de notre "culture" et par conséquent, selon cette logique, l'universalité de la vérité, en particulier catholique n'est plus recevable par toutes les cultures. A son tour, l'Eglise doit donc évangéliser les cultures, faire en sorte qu'elles soient pénétrées de la notion de vérité, ce qui exige de rendre l'Evangile accessible, l'inculturer.

 

Ce qu'il y a de plus nuisible au christianisme dans la pensée contemporaine. On assiste à une culture éclatée, alors que nous avions une vision unifiée du monde, transmise par les parents, l'école, la paroisse. On était à l'aise, en harmonie avec soi-même, avec les autres, avec la nature, avec Dieu, grâce à un héritage bimillénaire. Schématiquement, L'Europe était chrétienne, l'Afrique animiste, l'Asie partagée entre le bouddhisme, le confucianisme, le shintoïsme, l'Amérique catholique au Sud et protestante au Sud. Il n'y a jamais eu de grande civilisation qui n'ait eu un noyau religieux. Chacun vivait dans un univers cohérent. Aujourd'hui tout ceci est ébranlé par les migrations de populations (cas, par exemple, des populations musulmanes en France), d'où une  juxtaposition de visions religieuses mais l'absence d'une vision religieuse, phénomène nouveau. Ceci engendre chez certains un relativisme, un scepticisme, un agnosticisme, et il faut retrouver le devoir de la pensée. Aujourd'hui, la connaissance est plus encyclopédique, oublieuse du principe de non contradiction, d'où une grande confusion. Il faut (ré)apprendre aux jeunes à penser, considérer la réalité et émettre des jugements d'existence et en revenir au Deutéronome, savoir distinguer le Bien (la voie étroite) du Mal (la voie large). Il faut désensabler.

 

L'évangélisation des cultures et l'inculturation de l'Evangile

Porter la Bonne Nouvelle dans tous les milieux de l'humanité, évangéliser dans les profondeurs l'homme et sa culture, c'est-à-dire sa façon de concevoir sa vie profonde, sa conviction, sa manière d'être et de vivre. Depuis 2000 ans, la force de l'Evangile a bouleversé les critères païens, introduit des façons chrétiennes de voir l'homme. Une fois évangélisé, l'homme transforme sa culture.

« Allez enseigner toutes les nations, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28, 16-20)

 

Inculturer l'Evangile : le mettre à la portée de celui qui doit le recevoir. L'évangélisateur doit être "bilingue", parler le langage de Dieu dans le langage des hommes. Mais, la foi est toujours la même, dans l'espace et dans le temps et elle n'est pas du même ordre que la culture, elle ne saurait s'y réduire, ce qui exclut tout syncrétisme ou adaptation de l'annonce évangélique. Elle s'incarne dans les cultures, dépasse leurs éléments culturels incompatibles avec la foi et la vie chrétienne, et élève leurs valeurs jusqu'au mystère du salut qui provient du Christ, avec Noël (Incarnation du Christ), Pâques (mystère de la Croix salvatrice) et la Pentecôte (miracle de l'inculturation, quand chacun a entendu dans sa langue l'annonce des merveilles de Dieu).

Nous pensons être prisonniers de nos cultures, mais une culture est une donnée de fait tandis qu'il y a un universel humain auquel répond l'Evangile. On se plaît à énumérer les différences entre les cultures, alors qu'il faut ne considérer que les transversaux transculturels, sans lesquels nous ne pourrions dialoguer. Ce que nous avons en commun, au rebours de la pseudo-évidence d'un Jean-Paul Sartre, c'est qu'il existe une nature humaine. Comment parler des droits de l'homme, en niant qu'il y ait une nature de l'homme ?

 

La sociologie nuit-elle à une compréhension exacte de l'Eglise ? La sociologie a tendance à se substituer aux connaissances anciennes. Le propre de l'intelligence humaine est d'être capable de passer de l'émergence des phénomènes à la source qui leur donne d'être. Le sociologue énonce ce qui est la photographie de l'instant et extrapole, transforme ce qui est descriptif en normatif. Par exemple, si un sondage révélait qu'une majorité de personnes se prononcent pour la polygamie, ça n'est pas pour autant que la polygamie correspond à la nature profonde de l'homme. La sociologie a donc une influence malfaisante sur le législateur qui dans le temps disait le droit et incitait à rejoindre l'idéal inscrit dans la nature alors qu'aujourd'hui on cherche à conformer les lois aux mœurs, au lieu d'aider les mœurs à  se transformer pour suivre un idéal.

Mgr Poupard cite à ce sujet la boutade du sociologue américain Peter Berger : « Il sera bientôt veuf, celui qui veut à épouser l'esprit de son temps » Cf. par exemple, la dictature que le marxisme a exercé sur une part de l'intelligentsia occidentale et qui a volé en éclats. A une époque, on a présenté l'idéal chrétien à travers la non violence à Gandhi, puis ce fut Che Guevara et la violence révolutionnaire qui en était devenu le symbole. Ne remplaçons pas la philosophie par les sciences humaines, ni la théologie par les sciences religieuses.

Voir aussi :
http://www.vatican.va/....doc_ii-1993-doc_en.html

 

 

Foi et raison

 

 

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274) et la droite raison : « Nul ne pourrait croire s'il n'avait des raison de croire »

 

Saint Pierre, Ier pape (1re lettre aux Romains, 3 15) : « Soyez toujours prêts à rendre compte avec douceur et respect de l'espérance qui vous anime. »

 

Ce qui aboutit au fondement du dialogue interreligieux : Se dire à soi-même ses raisons de croire et savoir les partager en les proposant à la raison des autres. Corollaire : La foi atteint des réalités qui dépassent la raison, sans pour autant contredire celle-ci, car la foi ne peut contredire la raison.

 

Pascal : « Il y a deux excès : exclure la raison, n'admettre que la raison ». Autrement dit, la foi n'est pas rationnelle, mais elle est raisonnable.

 

 

La vitalité du christianisme à travers le monde. Si les églises en Europe se vident, il n'en va pas de même au cœur de l'Afrique Noire et en Asie (Philippines, Inde : Bangalore compte plus d'une douzaine de noviciats). En Afrique, où la vie est un don de Dieu, le don engendre le don et l'âge moyen des prêtres diminue d'une unité chaque année alors qu'en France il s'accroit d'autant. En Amérique latine, dans une ville comme Medellin, les séminaires sont remplis. Place Saint-Pierre à Rome, pour l'audience générale de Benoît XVI et l'angélus du dimanche, sont présents deux fois plus de jeunes que du temps de Jean-Paul II. Et souvenons-nous des JMJ à Manille, où les jeunes étaient 4 millions. Quel mouvement dans le monde est capable de rassembler une telle foule ?

 

Les pères de l'Europe

Ceux qui après la guerre, voulurent lui donner une âme et non pas y construire un lieu de libre échange
http://www.vie-publique.fr/decouverte_instit/europe/europe_1_2_0_q4.htm

 

Robert Schuman (1886-1963)



« Il importe de nous rendre compte que l’Europe ne saurait se limiter à la longue à une structure purement économique. Il faut qu’elle devienne aussi une sauvegarde pour tout ce qui fait la grandeur de notre civilisation chrétienne : dignité de la personne humaine, liberté et responsabilité de l’initiative individuelle et collective, épanouissement de toutes les énergies morales de nos peuples. Une telle mission culturelle sera le complément indispensable et l’achèvement d’une Europe qui jusqu’ici a été fondée sur la coopération économique. Elle lui confèrera une âme... »

« il nous faut construire l'Europe, non comme un ilot de prospérité égoïste refermé sur lui-même au milieu d'un océan de misère, mais comme une communauté généreuse d'hommes et de femmes libres, fraternels et responsables aussi des autres peuples moins pourvus... il faut que nous prenions conscience qu'à leur égard nous avons une véritable charge d'âmes »

http://users.mmic.net/maranatha/Schuman.html

 

Alcide de Gasperi (1881-1954)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alcide_De_Gasperi

 

Konrad Adenauer (1876-1967)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Konrad_Adenauer


 

 

Chronique de Mélisande Chauveau : "Raconte-moi la musique"

 

Claude Debussy (1862-1918)

http://www.musicologie.org/Biographies/d/debussy_c.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Debussy

 

Antoine Marmontel (1816-1898), son professeur au Conservatoire de Paris : « Debussy aime plus la musique que le piano »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Fran%C3%A7ois_Marmontel


 

Le 31e festival de Saint-Bertrand-de-Comminges

 

Jean-Patrice Brosse, organiste, écrivain, organisateur du festival de Saint-Bertrand-de-Comminges
http://www.jeanpatrice-brosse.com

"Simon Simon (1735-1787) : Pièces de Clavecin"

http://www.resmusica.com/aff_articles.php3?num_art=2395

Simon Simon, professeur de clavecin de la famille royale
http://www.jeanpatrice-brosse.com/Pages-detail/simon-texte.htm

 

Le festival du Comminges, du 10 juillet au 26 août 2006
http://www.festival-du-comminges.com

Le Comminges (Gascogne)
http://www.les-hounts.fr/comminges.htm

Cathédrale Sainte Marie de Saint-Bertrand-de-Comminges



Grand orgue de la cathédrale

 

Quelques interprètes cités au cours de l'émission et que l'on pourra entendre lors du festival :

Paul Esswood (haute-contre)

http://www.bach-cantatas.com/Bio/Esswood-Paul.htm

 

 Eric Lebrun (orgue)

http://anguelos.free.fr/lebrun/lebruncv.html

 

Gérard Lesne (haute-contre), avec Il Seminario Musicale

http://eol.asso.online.fr/concerts/Lesne%20G%E9rard.html

 

▶ Michel Chapuis (orgue)

http://orgues.chartres.free.fr/chapuis.htm

 

▶ Le chœur Ave Sol, avec l'orchestre symphonique d'Ukraine

 

Une nouveauté du festival : un concours de musique contemporaine (musique sacrée, pour l'orgue)

 

Jean-Patrice Brosse fera la clôture du festival, le 26 août, avec la messe luthérienne pour orgue de Jean-Sébastien Bach

 

catégorie : LJ Didier Rochard

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