29 juillet 2006 6 29 /07 /juillet /2006 11:00


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Françoise Knaeps

avec l'assistance de Jacques Rosé

 

le poète et sa muse  : l’art poétique

 

Yves de Mouillac, journaliste, financier

 

[NDLR : les poèmes suivants ont été pris sous la dictée ; ils sont donc communiqués sous toute réserve]

 

Daniel Ancelet : Poème nu ; Un petit air de flûte ; « Les mots sont faits pour qu’on les torde », « Je suis un marchand de virgules »
http://www.interpoete.com/page71.html

 

Poème nu

Je vais déshabiller mon vers,
Lui enlever sa redingote,
Sa chemise avec sa culotte.
Je veux qu’il aille à découvert.
Plus gelé qu’au pôle un dimanche,
En plein milieu des courants d’air,
Sous les poinçons du vent d’hiver,
Le froid lui fera la voix blanche.
Il demeurera grand ouvert,
A la merci d’une avalanche,
A grelotter sur une planche.
Bref, il sera nu comme un ver !

 

poème dédié à Jean Decellas :

Les mots sont faits pour qu’on les torde,
Qu’on les contraigne et qu’on les morde
Afin d’exprimer leur liqueur
Et cueillir leur plus fine fleur.
Il faut sans cesse qu’on les tonde
Pour qu’un poème vienne au monde.
Mes dents de lait, mes dents de loup
Ont pour vous choisi les plus doux.
Amis, retenez mon exorde :
Les mots sont faits pour qu’on les morde.

 

Jean Berthet : Art poétique ("Je hais la fourbe et la superbe") ; La Poésie

Je hais la fourbe et la superbe
De tant et de tant de grimauds
Tels que Ronsard et que Malherbe.
Avec les plus humbles des mots
Qui me consolent de mes maux
J’aime faire chanter le verbe.
Et Dieu peut-être quelque jour,
Dieu qui seul est total amour
Et qui dispense le génie,
En son indulgence infinie
Dira par mon indigne voix
Le mot que nul n’entend deux fois.

 

La Poésie

Je suis le nombre illimité,
Je suis la mort et la naissance
Et la parole et le silence
D’une douteuse vérité.
D’une éphémère éternité,
Je suis à toute confidence
La réponse et la récompense.
Je suis la multiple unité.
Je suis la beauté tout entière
Et la lumière dans la nuit
De ce royaume sans frontière.
Je suis la fleur, je suis le fruit,
Je suis l’amour et son génie,
Je suis la suprême harmonie.

 

Théodore de Banville (1823-1891)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9odore_de_Banville
http://www.anthologie.free.fr/anthologie/banville/banville.htm

pour lire et relire Théodore de Banville
http://www.mta.ca/banville

court extrait du Petit traité de poésie française :

« Le vers est la parole humaine rythmée de façon à pouvoir être chantée. Et à proprement parler il n’y a pas de poésie et de vers en dehors du chant… A quoi donc servent les vers ? A chanter ! » (Banville)

« Pour ce qu’il en est des licences poétiques, il n’y en a pas. » (Banville)

 

Théophile Gautier (1811-1872), « L’art » in Emaux et Camées

http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ophile_Gautier
http://www.anthologie.free.fr/anthologie/gautier/gautier.htm
http://www.mta.ca/faculty/arts-letters/mll/french/gautier
http://www.llsh.univ-savoie.fr/gautier

pour lire Théophile Gautier :
http://gallica.bnf.fr/scripts/catalog.php?Auteur=th%E9ophile+gautier

 

L'Art
http://www.brindin.com/pfgauart.htm

 

Judith Gauthier (1845-1917), fille de Théophile Gautier et femme de Catulle Mendès : La pivoine

(photo par Nadar)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Judith_Gautier

pour lire Judith Gautier :
http://gallica.bnf.fr/scripts/catalog.php?Auteur=judith+gautier

 

Victor Hugo (1802-1885) : « Le poète s’en va dans les champs », in Les Contemplations

http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Hugo

pour lire et relire Victor Hugo (œuvre complète sur Gallica) :
http://expositions.bnf.fr/hugo/cabinet/rechercher/ind_oeuvre.htm

 

Le poète s'en va dans les champs
http://poesie.webnet.fr/poemes/France/hugo/67.html

 

Paul Verlaine : Art poétique (« De la musique avant toute chose »), in Jadis et Naguère

http://www.toutelapoesie.com/poemes/verlaine/fetes_galantes/avant_que_tu_t_en_ailles.htm
http://www.toutelapoesie.com/poetes/paul_verlaine.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Verlaine

pour lire l’Art poétique :
http://poesie.webnet.fr/poemes/France/verlaine/120.html

pour lire et relire Verlaine :
http://www.toutelapoesie.com/....paul_verlaine.htm

 

Joachim Du Bellay (1522-1560) : « Où sont ces beaux plaisirs », extrait d’un sonnet des Regrets

http://fr.wikipedia.org/wiki/Joachim_du_Bellay

 

Les Regrets (extraits)
http://www.florilege.free.fr/florilege/bellay/lasouest.htm

 

Alfred de Musset (1810-1857) : « Vous les regrettiez presque en me les envoyant », in Poésies nouvelles ; Après une lecture (extrait)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_de_Musset
http://poesie.webnet.fr/poemes/France/musset/13.html
http://www.anthologie.free.fr/anthologie/musset/musset.htm

pour lire et relire Musset :
http://www.florilege.free.fr/florilege/musset/a.htm

 

A la même (sonnet)
http://poesie.webnet.fr/poemes/France/musset/69.html

 

Après une lecture
http://fr.wikisource.org/wiki/Apr%C3%A8s_une_lecture

 

Philippe de Chaunac-Lanzac (1915-2002) : L’ « e » muet et Ma corbeille à papier, in Gravé dans l’éphémère

 

Charles Baudelaire (1821-1867) : Le Guignon, in Les Fleurs du mal

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Baudelaire
http://poesie.webnet.fr/poemes/France/baudelai/17.html

pour lire Le Guignon :
http://poetes.com/baud/bguignon.htm

pour lire et relire Baudelaire :
http://www.toutelapoesie.com/poetes/charles_baudelaire.htm

 

Pierre de Ronsard (1524-1585) : « Que me servent mes vers », in Continuation des Amours ; « Quand ce beau printemps je vois » (extraits)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_de_Ronsard
http://www.anthologie.free.fr/anthologie/ronsard/ronsard.htm

pour lire et relire Ronsard :
http://www.toutelapoesie.com/poetes/pierre_de_ronsard.htm
http://www.florilege.free.fr/florilege/ronsard/a.htm

sur Gallica :
http://gallica.bnf.fr/scripts/catalog.php?Auteur=ronsard

 

Quand ce beau Printemps je vois
http://www.recmusic.org/lieder/get_text.html?TextId=13878

 

Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1969) : A la rime, in Poèmes choisis de Ronsard

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=385
http://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Beuve

 

A la rime

Rime, qui donnes leurs sons
Aux chansons,
Rime, l'unique harmonie
Du vers, qui, sans tes accents
Frémissants,
Serait muet au génie ;

Rime, écho qui prends la voix
Du haut-bois
Ou l'éclat de la trompette,
Dernier adieu d'un ami
Qu'à demi
L'autre ami de loin répète ;

Rime, tranchant aviron,
Eperon
Qui fends la vague écumante ;
Frein d'or, aiguillon d'acier
Du coursier
A la crinière fumante ;

Agrafe, autour des seins nus
De Vénus,
Pressant l'écharpe divine,
Ou serrant le baudrier
Du guerrier
Contre sa forte poitrine ;

Col étroit, par où saillit
Et jaillit
La source au ciel élancée,
Qui, brisant l'éclat vermeil
Du soleil,
Tombe en gerbe nuancée ;

Anneau pur de diamant,
Ou d'aimant,
Qui, jour et nuit, dans l'enceinte
Suspends la lampe, ou le soir
L'encensoir
Aux mains de la vierge sainte ;

Clef, qui, loin de l'œil mortel,
Sur l'autel
Ouvres l'arche du miracle;
Ou tiens le vase embaumé
Renfermé
Dans le cèdre au tabernacle ;

Ou plutôt fée au léger
Voltiger,
Habile, agile courrière,
Qui mènes le char des vers
Dans les airs
Par deux sillons de lumière ;

O Rime ! qui que tu sois,
Je reçois
Ton joug ; et long-temps rebelle,
Corrigé, je te promets
Désormais
Une oreille plus fidèle.

Mais aussi devant mes pas
Ne fuis pas ;
Quand la Muse me dévore,
Donne, donne par égard
Un regard
Au poète qui t'implore !

Dans un vers tout défleuri,
Qu'a flétri
L'aspect d'une règle austère,
Ne laisse point murmurer,
Soupirer,
La syllabe solitaire.

Sur ma lyre, l'autre fois,
Dans un bois,
Ma main préludait à peine:
Une colombe descend,
En passant,
Blanche sur le luth d'ébène.

Mais au lieu d'accords touchants,
De doux chants,
La colombe gémissante
Me demande par pitié
Sa moitié,
Sa moitié loin d'elle absente.

Ah ! plutôt, oiseaux charmants,
Vrais amants,
Mariez vos voix jumelles ;
Que ma lyre et ses concerts
Soient couverts
De vos baisers, de vos ailes ;

Ou bien, attelés d'un crin
Pour tout frein
Au plus léger des nuages,
Traînez-moi, coursiers chéris
De Cypris,
Au fond des sacrés bocages.

 

Edmond Knaeps, mari de Françoise Knaeps : Peindre

Que s’en aille la neige et que passe l’hiver.
Je languis de revoir mes paysages verts.
Les yeux pleins de lumière, à larges coups de brosse,
C’est peindre que je veux, voilà mon sacerdoce.
Ma palette fera éclore mille fleurs,
De la terre exhalant les parfums et senteurs,
Inondant le pays secret qui m’ensorcelle
Par ses lointains brumeux et sa plaine irréelle.
Sur chaque lande, sa friche, en un trait, le pinceau
Réveille des bleuets et des coquelicots.
Heureux et délivrés, ils sont pris de fou rire
Quand vient les chatouiller ce coquin de zéphire.
D’un seul coup de torchon, je tapisse à foison
Un panneau vierge encore aux couleurs des moissons.

 

Edmond Knaeps va prochainement publier une œuvre : "L’adieu aux corons"

Pour se procurer ses œuvres :

Librairie Cassandre, 29 rue du Maréchal Foch - 78000 Versailles

Librairie Gravida, 7 passage des deux portes - 78000 Versailles

Editions du Hanneton, 19bis avenue de Normandie - 78000 Versailles

 

Arthur Rimbaud (1854-1891) : Ma bohème

http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Rimbaud
http://www.poetes.com/rimbaud/biograph.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Rimbaud

pour lire Ma bohème :
http://poetes.com/rimbaud/boheme.htm

pour lire et relire Rimbaud :
http://hypermedia.univ-paris8.fr/bibliotheque/Rimbaud/Rimbaud.html

 

Tristan Derème (1889-1941) : Calliope, in Le ballet des Muses

http://www.ac-bordeaux.fr/Etablissement/TDereme/Tristan/Tristan.htm
http://www.florilege.free.fr/florilege/dereme/a.htm
http://www.chefsimon.com/dereme.htm

 

Nicolas Boileau (1636-1711) : extrait de l’Art poétique

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Boileau
http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=101

 

Pierre Corneille (1606-1684) : extrait du Menteur (II, 5)

http://www.comedie-francaise.fr/biographies/corneille.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Corneille

 

Corneille, Le Menteur, acte II, scène V
http://cid.ens-lsh.fr/classique/R314xmhm.html

pour lire Corneille en ligne (Gallica) :
http://gallica.bnf.fr/scripts/catalog.php?Auteur=corneille

 

Vincent Muselli (1879-1956) : Art poétique (« Que mon vers jailli du sol ») ; L’Instant ; Ballade, in Contradiction ; quatrain
http://www.argentan.fr/culture/culture_va_personnalites.php#muselli

 

Art poétique

Que mon vers jailli du sol
Soit en plein azur ce vol
Fuyant aux bornes dernières
Qu’on voit quand, passant les eaux,
Respire à plumes légères
Le fort poumon des oiseaux.

 

L’instant

Tu n’es que présence,
Ineffablement,
Rien qu’un élément
Et rien qu’une essence.
L’exacte balance
De ton mouvement
En un seul moment
Finit et commence.
O cruel trépas !
Instant, ne fuis pas.
Qu’amour te retienne,
Sans avoir été
Celui qui contienne
Une éternité.

 

Ballade

Tout un orchestre de drapeaux
Et la barque parée en reine.
Des fleurs des flûtes des flambeaux
Et de rubans flottante chaîne.
Vins et liesse, à pleine haleine
Le rire danse en vos ébats.
Mais apaisez cette lumière.
Joyeux rameurs, chantez plus bas.
Au fil de l’an fuit la rivière.
Qu’as-tu fait des jours les plus beaux ?
Mouton qu’as-tu fait de ta laine ?
Qu’a-t-il fait ce cœur en lambeaux ?
A tel roseau pleure ma peine.
Où vont la source et la semaine,
Amour, Hélène et leurs appâts ?
Une heure encore et la dernière,
Plaisir qui ne reviendrait pas.
Au fil de l’an fuit la rivière.

 

Quatrain

Combien de fois j’ai subi vos courroux,
Combien de fois bravé vos regards sombres.
Mais en marchant, Madame, auprès de vous,
Combien de fois j’ai mêlé nos deux ombres.

 

fut aussi évoqué (entre autres) :

 

Jean Desmeuzes (1931-2006)

(Jean Desmeuzes vu par François Rolland)

http://www.interpoete.com/page46.html

 

catégorie : LJ « Lycéens »

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