20 octobre 2006 5 20 /10 /octobre /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

hommage à Louis Le Cardonnel, poète et prêtre

 

Liza Winterhalter, poétesse, comédienne

http://lizamaria.site.voila.fr

 

Louis Le Cardonnel (1862-1936)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Le_Cardonnel
http://www.ivanmerz.hr/international/dizertacija/chapitre_XIX.htm
http://www.biblisem.net/etudes/dugaleca.htm (Louis Le Cardonnel par Marcel Dugas)

"Œuvres" (en deux tomes)
http://www.amazon.fr/Oeuvres-epigrammes-chr%e9tiennes-m%e9ditations-cantiques/dp/B0000DO92L/

 

court extrait d’"Orphica" :

La clarté du printemps frémit dans les feuillages.
L’azur est parsemé de molles formes blanches.
C’est un léger matin qui mêle ses nuages
Et son soleil aux branches.

Je vais par les sentiers traversés d’un rayon.
Et, tout à coup, voici que dans le vert jardin,
Où m’accompagnaient seuls et mon Dante et Platon
M’entoure un jeune essaim.

C’est vous que j’attendais, belle troupe ingénue.
Il suffit pour trouver des chants que je vous voie.
Ma tendresse vous est depuis longtemps connue.
Venez ma pure joie.

Enivré de l’éclat du matin enchanté,
Formons un groupe errant de liens d’or uni,
Vous recevant les dons de ma maturité,
Moi, par vous rajeuni.

Je vous prodiguerai mon intime richesse.
Ma raison parlera la langue de la lyre.
Afin de mieux charmer, il faut que la sagesse
Ait un divin délire. (…)

 

extrait de "Poèmes" :

Dans le parc

Cette nuit nous pourrons forcer la porte basse
Et nous éviterons la lueur qui signale
La maison noire du garde-chasse.

Et nous retrouverons dans l’odeur automnale
L’allée où s’en venait la châtelaine ancienne
Errer seule, le soir, quand elle devint folle.

Dans l’ombre, ce sera comme une voix,
La sienne, ancienne, celle-là qu’elle avait, l’égarée,
En cherchant sa raison perdue au clair de lune.

Et nous croirons avec sa robe déchirée,
La folle qui murmure une obscure romance,
La voir glisser dans la clairière défleurie.

Une lune sévère, une lune qui pense
Aux automnes passés et se les remémore
Surgira.

Puis brusquement vers la porte basse nous fuirons.
Car là-bas, de plus en plus sonore,
Le hurlement des chiens s’élèvera dans l’ombre.

Et nous délaisserons la clairière incolore
Où ne demeureront que la lune et novembre


 

 

poème de Liza Winterhalter :

 

Mon âme

Nous ne ferons plus qu’un, mon âme, ma beauté.
Sur tes deux genoux bleus je coucherai mon front.
Dans tes deux bras légers, j’apprendrai les nuages
Et la saveur de l’eau qui roule sous la pierre.
De ton parfum floral, j’embaumerai ma chair.
Tes deux pieds qui scandent le battement du monde
M’apprendront la mesure et sa sœur l’harmonie.
Alors, de nos miroirs amants à l’exacte jointure,
Jaillira un visage unique et sans mesure.

 

[NDLR : poèmes pris sous la dictée, donc communiqués avec les réserves d’usage]

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
6 octobre 2006 5 06 /10 /octobre /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Jean Decellas

 

hommage à Pierre Corneille

 

"Le Cid"

 

fut évoqué :

 

Georges Fourest : "La Négresse Blonde"

 

sonnet extrait de "la Négresse Blonde" : Le Cid

Le palais de Gormaz, comte et gobernador,
Est en deuil : pour jamais dort couché sous la pierre
L’hidalgo dont le sang a rougi la rapière
De Rodrigue appelé le Cid Campeador.

Le soir tombe. Invoquant les deux saints Paul et Pierre
Chimène, en voiles noirs, s’accoude au mirador
Et ses yeux dont les pleurs ont brûlé la paupière
Regardent, sans rien voir, mourir le soleil d’or...

Mais un éclair, soudain, fulgure en sa prunelle :
Sur la plaza Rodrigue est debout devant elle !
Impassible et hautain, drapé dans sa capa,

Le héros meurtrier à pas lents se promène :
« Dieu ! » soupire à part soi la plaintive Chimène,
« Qu’il est joli garçon l’assassin de Papa ! »


 

Philippe Nicola, clown, accordéoniste

[NDLR : Nicola sans "s"]

 

Philippe Nicola (alias Filippo, clown blanc), en compagnie de son Auguste Paolino, propose des spectacles  pour les collectivités. Le spectacle dure 35 minutes. Tarif : 500 €.

Il assure aussi, en solo, des prestations avec son accordéon. Tarif : entre 100 et 200 €.

Pour prendre contact : 01 43 41 39 58 ou 06 25 33 16 09

 

furent évoqués (entre autres) :

 

l’accordéon chromatique

(modèle « Petit Tango », par Maugein Frères)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord%C3%A9on_chromatique
http://membres.lycos.fr/accordeon/junior/comprendre/chromatique2.html

 

Marcel Azzola (né en 1927), accordéoniste

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Azzola

 

les bals musette et les guinguettes

(Pierre-Auguste Renoir, Le Moulin de la Galette, 1876)

http://www.culture-guinguette.com
http://www.guinguette.info
http://www.musette.fr
http://fr.wikipedia.org/wiki/Musette
http://fr.wikipedia.org/wiki/Guinguette

 

les clowns

(tableau de Paul Cézanne)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Clown


 

annonce

 

du 6 au 8 octobre 2006 : fête des vendanges à Montmartre (cuvée Michou)

http://www.hotels-paris-rive-gauche.com/....paris-le-6-7-et-8-octobre-2006
http://www.fetedesvendangesdemontmartre.com (site officiel)

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 


la poésie d’André Brincourt


la poésie dans la littérature francophone

 

Vénus Khoury-Ghata, poétesse, romancière



http://perso.orange.fr/calounet/presentation_auteurs/khouryghata_presentation.htm
http://www.printempsdespoetes.com/....nom=V%C3%A9nus%20Khoury-Ghata
http://poezibao.typepad.com/poezibao/2005/06/vnus_khouryghat.html

André Brincourt, critique littéraire, écrivain, poète

http://prixrenaudot.free.fr/andre_brincourt.htm

"La mer, l’amour et la mort"



extrait :

Je suis l’amour noyé.
Quelle image troublée sera ma récompense ?
Les amours incertaines sont de clarté promise dans le remous des ondes.
Ma mémoire est d’eau vive, de lumière ou de brume,
Mensonge et vérité.
Belle eau, ma dévorante, où brûle le plaisir,
Belle eau, ma mélopée, aux paroles interdites,
Belle eau, ma lumineuse, aux éclats de colère,
Belle eau, ma délivrance puisque le temps s’en va.
Silence déchiré dans les gorges de pierre
Tu te peuples d’étoiles.
N’accuse pas ma voix.
Je suis l’amour noyé.
Je suis mis au secret.
Mon nom ne rime à rien.
Belle eau, ma repentance,
Mots de glace ou de buée,
Je m’évapore pour te trouver

 

Un autre poème, le chef d’œuvre d’André Brincourt selon Pascal Payen-Appenzeller, a été lu pendant l’émission :

Interrogations

Je me suis rencontré sur le tard de ma vie,
Faute de passer outre ou par simple prudence.
Bras ouverts dans le noir, comment se voir de dos ?
Quel cœur peut se vanter de battre à sa mesure ?
Aurais-je été cet autre qui rêvait d’être moi ?
Meurt-on toujours trop tard ? Vit-on toujours trop tôt ?
J’allais rencontrer Dieu quand le temps s’arrêta.

 

André Brincourt : "Langue française, terre d’accueil"

 

(cliquer sur la 4e de couverture pour agrandir)

 

André Brincourt a inventé deux mots : mondovision et magnétoscope.

 

Un poème de Vénus Khoury-Ghata, extrait de "Quelle est la nuit parmi les nuits" a été lu pendant l’émission.

http://www.mercuredefrance.fr/titres/venus.htm

extrait :

Mourir donne l’impression de courir, dit-elle
On troue un brouillard,
On enjambe un mur sans l’effleurer,
Par respect du liseron.
On se précipite dans toutes les directions.
On croise des silhouettes sorties des vieux livres,
Un philosophe, un prophète, un enfant,
Qui effeuillent la même page,
Mâchent la même phrase remâchée
Par un cheval puis par un âne qui n’aime pas le cheval.
Derrière le dos du philosophe, du prophète, de l’enfant, de l’âne et du cheval,
Des anges brûlent leurs ailes pour se réchauffer.
Mourir, ce n’est donc que cela ?
Se dit-elle en tournant la page de son sommeil.

 

furent évoqués (entre autres) :

 

la francophonie

légende

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/francophonieacc.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Francophonie

 

Émil Michel Cioran (1911-1995), écrivain roumain d’expression française

http://fr.wikipedia.org/wiki/Emil_Cioran
http://www.cioran.com

« Écrire en français a été une sorte de révélation. Le roumain est un mélange de slave et de latin. Le français est une langue arrêtée. Exigence de clarté, de netteté. J’ai commencé à avoir le complexe du métèque. En 1947, une révélation s’opéra en moi. Ce fut un saisissement annonciateur d’une rupture avec soi. 'Tu n’écriras plus désormais qu’en français' devint pour moi un impératif. » (Cioran)

 

[NDLR : textes et poèmes pris sous la dictée, donc communiqués sous toute réserve, notamment sur le plan de la mise en page et de la ponctuation]

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
8 septembre 2006 5 08 /09 /septembre /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Jean Decellas

 

hommage à Corneille : une analyse marxisante !

 

Bernard Dort : Corneille dramaturge

 

Il s’agit de replacer Corneille dans son groupe social, celui des « officiers ».
http://fr.wikipedia.org/wiki/Office


 

hommage à Jean Laugier

le revue Points et Contrepoints

 

Michel Martin, secrétaire de rédaction à la revue Points et Contrepoints de 1962 à 1967 (revue fondée par Jean Hener)

http://perso.orange.fr/maurice_courant/la_revue_points_et_c.html

 

Jean Laugier (1924-2006)

http://www.adamantane.org/article-3631987.html
http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=4423&title=Disparition%20de%20Jean%20Laugier

 

un poème de Michel Martin :

 

Transafricaine

La contrée est pâle comme une morgue,
Des animaux cheminent lentement
Comme des rengaines de vieil orgue,
L’autocar est un orchestre ambulant.

La piste se couche sous sa carrure,
Les dunes se dressent comme des toits,
Les gens tournent les torques de leurs doigts,
Tous attentifs à la même lecture.

Le vrombissement de notre passé
Mêlé au gémissement des cantines,
La rencontre du temps de sa badine,
L’évanouissement de nos projets.

Tout au long des épidémies et des mirages de vivants.

 

[NDLR : poème noté sous la dictée, donc communiqué sous toute réserve]


 

annonce

 

Lire sous les pommiers 2006
http://radio-courtoisie.over-blog.com/article-3766642.html

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

la poésie de Paul Claudel

 

Georges Clément, poète, conseil d'entreprise

 

Paul Claudel (1868-1955)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Claudel
http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=590
http://www.paul-claudel.net

"Cinq grandes Odes"

 

Pascal Payen-Appenzeller a lu la deuxième ode : « L’Esprit et l’Eau »

O mon Dieu ( ... )
Je suis libre, délivrez-moi de la liberté !
Je sais bien des manières de ne pas être, mais il n'y a qu'une manière seule
D'être, qui est d'être en vous, qui est vous-même !
Qu'est-ce que cette liberté, et qu'ai-je à faire autre part ?
Il me faut vous soutenir,
Mon Dieu, je vois le parfait homme sur la croix, parfait sur le parfait Arbre.

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
11 août 2006 5 11 /08 /août /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Jean Decellas

 

Corneille, précurseur de l'Opéra

 

"Andromède", « tragédie représentée avec les machines », créée au Petit Bourbon en janvier 1650

 

http://perso.orange.fr/jean-claude.brenac/ASSOUCI_ANDROMEDE.htm

pour lire Andromède en ligne sur Gallica :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k880058

 

Cette tragédie à machines était accompagnée d’une musique de Charles Coypeau d’Assoucy (1605-1677), notamment pour les chœurs chantés.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Coypeau_d'Assoucy
http://www.baroque-versailles.com/Dassoucy/DassoucyBiographie.html

 

décor de Giacommo Torelli pour l’Acte I :

http://www.georgetown.edu/organizations/opsis/images/decors/andromededec_I.htm

décor pour l’Acte II :

http://www.georgetown.edu/organizations/opsis/images/decors/andromededec_II.htm

décor pour l’Acte III :

http://www.georgetown.edu/organizations/opsis/images/decors/andromededec_III.htm


 

 

la poésie de Daniel Ancelet

cf. :
http://www.interpoete.com/page71.html

"Ne me sois que douceur", éditions ARCAM, 2006



Pour obtenir ce recueil, écrire directement à Daniel Ancelet
B.P. 18
118, avenue du Général Leclerc
78221 Viroflay Cedex

 

deux poèmes extraits du recueil :

 

A celle qui jette mes vers

Vous qui jetez mes vers, que vous avez en double,
Et qui dans votre esprit ne valent pas un rouble,
C’est un peu de mon cœur que vous avez froissé
Puisqu’il se trouve ainsi par vous désavoué.

On ne vous a pas dit, industrieuse abeille,
Que c’est un peu de moi qui part à la corbeille.
Et votre aveu naïf a ceci de suspect
Qu’il révèle, à tout prendre, un manque de respect

Mes vers sont donc perdus au fond des oubliettes.
Vous n’avez pas cru bon d’en recueillir des miettes,
Non qu’ils soient sidéraux ni même sidérants
Mais ils m’avaient coûté de la peine et du temps.

Vous n’avez pas craint d’en façonner des boulettes
Sans voir qu’y palpitait mon âme de poète.
Et vos doigts effilés ont réduit en lambeaux
Mes accents les plus doux et mes vers les plus beaux.

On comprend mieux le monde à travers un poème
Et vous avez détruit le meilleur de moi-même,
Alors qu’ils étaient faits pour donner du bonheur
A la lectrice ardente et à l’humble lecteur.

Si vous me déchirez sans marquer aucun trouble,
Souffrez que je conserve enfin mon pauvre double.
Il tiendra compagnie à mon original
Et ne saura jamais que vous m’avez fait mal.

 

 

Au cœur des mots

Un poème a toujours le temps,
Le sable glisse entre les pages,
Les mots s’envolent sur les plages,
Tout est pareil et différent.

Un poème n’a jamais d’âge
Comme les héros de Bédé,
Il atteint l’immortalité.
Qui demanderait davantage ?

Pas de poème pour l’été.
On le dit (?) d’autres héroïnes
Dont ne durent pas les peaux fines.
Un beau vers a l’éternité.

Il a le bon goût de l’enfance
Avec un parfum différent.
Le bonheur est toujours présent
Quand on le conjugue en vacances.

Même l’été n’en finit plus,
La plage est une île déserte
La page demeure entrouverte,
Les bruits du siècle se sont tus.

Dans une bulle confortable
Seul reste l’écho du passé
Pour ce voyage organisé
D’un recueil ouvert sur la table.

On est mieux que dans un café,
On se prélasse à la terrasse,
On rêve sans bouger de place,
Dans un nouveau monde enchanté.

Et pour assouvir son envie,
Tandis que s’endorment les sots,
On se retrouve au cœur des mots.
C’est là le meilleur de la vie.

 

 

un poème récent :

 

Le prosateur malgré lui

Un malheureux poète au sortir de sa nue
Vint remettre un poème au chef d’une revue.
- Voici sur un vieil air quelques quatrains nouveaux
Dont j’attends sans mollir quelques paquets d’euros.
- Mon cher, répondit l’autre, on vous plaint, on vous aime.
Mais je n’ai jamais vu qu’on payait un poème.
- Alors, dit le poète, assommé par ce coup,
Mettez-le donc en prose et donnez-moi cent sous !

 

[NDLR : poèmes notés sous la dictée, donc communiqués sous toute réserve]

 

fut évoqué :

 

Jean Clair : "Journal atrabilaire"

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
28 juillet 2006 5 28 /07 /juillet /2006 09:45


présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

Jean Metellus, neurologue, poète

http://www.jeanmetellus.com

"Voyance et autres poèmes"
"Les dieux pélerins"

 

http://www.jeanmetellus.com/popup_voyance-janus.htm
http://www.jeanmetellus.com/popup_dieuxpelerins2.htm

 

fut évoqué :

 

"Le Coin de table", revue de publiée par la Maison de Poésie
http://www.tiretalangue.com/maison.htm
http://www.printempsdespoetes.com/le_livre/moteur.php?fiche_edi&cle=285

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
14 juillet 2006 5 14 /07 /juillet /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Jean Decellas

 

hommage à Pierre Corneille : Corneille vu par Charles Péguy

 

Charles Péguy (1873-1914)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_P%C3%A9guy
http://www.coeur-de-france.com/peguy.html

"Victor-Marie, comte Hugo"
http://www.amazon.fr/gp/product/B0000DVHD3/

Cet ouvrage contient un vibrant hommage en l’honneur de Corneille. Il contient aussi un parallèle entre Corneille et Racine.

extrait :

Quand nous ferons à notre tour, quand nous referons après tant d'autres le célèbre parallèle (si inégal) de Corneille et de Racine, nous reconnaîtrons aisément, ce sera une de nos premières constatations, une de nos reconnaissances capitales (...) que Corneille ne travaille jamais que dans le domaine de la grâce et que Racine ne travaille jamais que dans le domaine de la disgrâce. Corneille n'opère jamais que dans le royaume du salut, Racine n'opère jamais que dans le royaume de la perdition.(...) Les blessures que nous recevons, nous les recevons dans Racine, les êtres que nous sommes, nous le sonnes dans Corneille. (...) Les vieux criminels censément les plus endurcis de Corneille ont le cœur plus pur que les plus jeunes adolescents (et surtout adolescentes) de Racine. L’impuissance à la cruauté des cornéliens est désarmante. La cruauté naturelle, profonde des raciniens est sans limite. (...) Par son impotence même de mal, de cruauté, Corneille va plus profond que Racine.

 

citation de Corneille (parmi d'autres) :

"Le Cid", I, 6 (stances de Rodrigue)

Percé jusques au fond du cœur
D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d'une juste querelle,
Et malheureux objet d'une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
Ô Dieu, l'étrange peine !
En cet affront mon père est l'offensé,
Et l'offenseur le père de Chimène !
Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse :
Il faut venger un père, et perdre une maîtresse :
L'un m'anime le cœur, l'autre retient mon bras.
Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou de vivre en infâme,
Des deux côtés mon mal est infini.
Ô Dieu, l'étrange peine !
Faut-il laisser un affront impuni ?
Faut-il punir le père de Chimène ?
Père, maîtresse, honneur, amour,
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.
L'un me rend malheureux, l'autre indigne du jour.
Cher et cruel espoir d'une âme généreuse,
Mais ensemble amoureuse,
Digne ennemi de mon plus grand bonheur,
Fer qui causes ma peine,
M'es-tu donné pour venger mon honneur ?
M'es-tu donné pour perdre ma Chimène ?
Il vaut mieux courir au trépas.
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père :
J'attire en me vengeant sa haine et sa colère ;
J'attire ses mépris en ne me vengeant pas.
À mon plus doux espoir l'un me rend infidèle,
Et l'autre indigne d'elle.
Mon mal augmente à le vouloir guérir ;
Tout redouble ma peine.
Allons, mon âme ; et puisqu'il faut mourir,
Mourons du moins sans offenser Chimène.
Mourir sans tirer ma raison !
Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !
Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire
D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison !
Respecter un amour dont mon âme égarée
Voit la perte assurée !
N'écoutons plus ce penser suborneur,
Qui ne sert qu'à ma peine.
Allons, mon bras, sauvons du moins l'honneur,
Puisqu'après tout il faut perdre Chimène.
Oui, mon esprit s'était déçu.
Je dois tout à mon père avant qu'à ma maîtresse :
Que je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu.
Je m'accuse déjà de trop de négligence :
Courons à la vengeance ;
Et tout honteux d'avoir tant balancé,
Ne soyons plus en peine,
Puisqu'aujourd'hui mon père est l'offensé,
Si l'offenseur est père de Chimène.

 

quelques autres lectures :

 

Charles Péguy : "Les Tapisseries"

 

"La tapisserie de Sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc"
http://www.biblisem.net/meditat/peguytsg.htm (en ligne)

extraits :

Quatrième jour

Comme la vieille aïeule au plus fort de son âge
Se réjouit de voir le tendre nourrisson,
L’enfant à la mamelle et le dernier besson
Recommencer la vie ainsi qu’un héritage ;

Elle en fait par avance un très grand personnage,
Le plus hardi faucheur au temps de la moisson,
Le plus hardi chanteur au temps de la chanson
Qu’on aura jamais vu dans cet humble village :

Telle la vieille sainte éternellement sage
Connut ce que serait l’honneur de sa maison
Quand elle vit venir, habillée en garçon,

Bien prise en sa cuirasse et droite sur l’arçon,
Priant sur le pommeau de son estramaçon,
Après neuf cent vingt ans la fille au dur corsage ;

Et qu’elle vit monter de dessus l’horizon,
Souple sur le cheval et le caparaçon,
La plus grande beauté de tout son parentage.


Cinquième jour

Comme la vieille aïeule au fin fond de son âge
Se plaît à regarder sa plus arrière fille,
Naissante à l’autre bout de la longue famille,
Recommencer la vie ainsi qu’un héritage ;

Elle en fait par avance un très grand personnage,
Fileuse, moissonneuse à la pleine faucille,
Le plus preste fuseau, la plus savante aiguille
Qu’on aura jamais vu dans ce simple village

Telle la vieille sainte éternellement sage,
Du bord de la montagne et de la double berge
Regardait s’avancer dans tout son équipage,

Dans un encadrement de cierge et de flamberge,
Et le casque remis aux mains du petit page,
La fille la plus sainte après la sainte Vierge.


Sixième jour

Comme Dieu ne fait rien que par miséricordes,
Il fallut qu’elle vît le royaume en lambeaux,
Et sa filleule ville embrasée aux flambeaux,
Et ravagée aux mains des plus sinistres hordes ;

Et les cœurs dévorés des plus basses discordes,
Et les morts poursuivis jusque dans les tombeaux,
Et cent mille Innocents exposés aux corbeaux,
Et les pendus tirant la langue au bout des cordes

Pour qu’elle vît fleurir la plus grande merveille
Que jamais Dieu le père en sa simplicité
Aux jardins de sa grâce et de sa volonté
Ait fait jaillir par force et par nécessité ;

Après neuf cent vingt ans de prière et de veille
Quand elle vit venir vers l’antique cité,
Gardant son cœur intact en pleine adversité,
Masquant sous sa visière une efficacité ;

Tenant tout un royaume en sa ténacité,
Vivant en plein mystère avec sagacité,
Mourant en plein martyre avec vivacité,

La fille de Lorraine à nulle autre pareille.

 

Racine : "Iphigénie"

(le sacrifice d’Iphigénie, Tiepolo, 1757)

extrait de l’acte IV, scène 3

Iphigénie :

Et déjà, d'Ilion présageant la conquête,
D’un triomphe si beau je préparais la fête.
Je ne m’attendais pas que pour le commencer,
Mon sang fût le premier que vous dussiez verser.
Non que la peur du coup dont je suis menacée
Me fasse rappeler votre bonté passée.
Ne craignez rien : mon cœur, de votre honneur jaloux,
Ne verra point rougir un père tel que vous ;
Et si je n’avais eu que ma vie à défendre,
J'aurais su renfermer un souvenir si tendre.
Mais à mon triste sort, vous le savez, seigneur,
Une mère, un amant attachaient leur bonheur.
Un roi digne de vous a cru voir la journée
Qui devait éclairer notre illustre hyménée.
Déjà sûr de mon cœur à sa flamme promis,
Il s’estimait heureux : vous me l’aviez permis.
Il sait votre dessein ; jugez de ses alarmes.
Ma mère est devant vous, et vous voyez ses larmes.
Pardonnez aux efforts que je viens de tenter
Pour prévenir les pleurs que je leur vais coûter.

Agamemnon :

Ma fille, il est trop vrai. J’ignore pour quel crime
La colère des dieux demande une victime ;
Mis ils vous ont nommée. Un oracle cruel
Veut qu’ici votre sang coule sur un autel.
Pour défendre vos jours de leurs lois meurtrières,
Mon amour n’avait pas attendu vos prières.
Je ne vous dirai point combien j’ai résisté...

(le meurtre d’Agamemnon, Pierre-Narcisse Guérin)

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

3 poètes du XXe siècle : Pierre-Jean Jouve, Franc-Nohain, Louis Guillaume

 

[NDLR : aucune invité lors de cette émission]

 

Pierre-Jean Jouve (1887-1976)

http://www.europe-revue.info/2004/jouvebio.htm
http://www.poesies.be/Les.Grands.Auteurs/Jouve.Pierre.Jean
http://www.pierdelune.com/jouve.htm

"Défense et illustration"
http://www.amazon.fr/gp/product/B0000DL48U/

 

extrait : Les deux caractères français

« D’une part le sol des plaines, surmontées par la cathédrale, que ce fût Montmajour ou Chartres, les routes droites d’arbres pieux, la forêt consacrée, nourrie par des labours vides, et le ciel, le ciel éperdument vaste, nuageux et beau.  Mais ces réalités essentielles blessées,  comme abîmées par une histoire tragique, un fait meurtrier qui s’était accompli contre elle. Les abbayes tranchées dans la campagne, les villes toujours méprisées et le vandalisme à côté de la simplicité du coeur. La forme de la terre française portait la marque épuisante de l’infini, horizontale. L’homme y était debout par un miracle, une grâce profonde. Et l’homme avec la terre me semblait dessiner la croix. Car cette terre est humaine et chrétienne. D’autre part un ouragan se produisait, la colère, elle-même aussi grande et capable d’honneur que l’humilité.  Colère contre l’inique, colère contre la tyrannie, colère contre l’ennemi, moins divine et plus forte en nature, dont les yeux brillent seulement de l’ombre. Cette masse de colère guillotinait ses propres statues,  brisait ses anciens témoignages, sacrifiait au peuple ce que le peuple avait été, produisait ainsi la plus grande immolation de l’Histoire. Car cette terre est celle de la Révolution française. »

[NDLR : texte pris sous la dictée, donc communiqué avec les réserves d’usage]

 

"Tombeau de Baudelaire"

 

Maurice Etienne Legrand, dit Franc-Nohain (1873-1934)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Franc-Nohain

"Les chansons des trains et des gares"
http://www.amazon.fr/gp/product/B0000DSC2Z/

 

furent évoqués :

 

La revue blanche

http://fr.wikipedia.org/wiki/Revue_Blanche
http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/celebrations2003/revue.htm

 

Le Chat noir, cabaret de Montmartre que fréquentait Franc-Nohain

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Chat_noir
http://www.lechatnoir.free.fr
http://membres.lycos.fr/notremontmartre/Le_Chat_Noir.htm

 

Louis Guillaume (1907-1971)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Guillaume

 

On peut lire quelques poèmes de Louis Guillaume sur le site qui lui est consacré :
http://www.louis-guillaume.com

 

Le feu mouillé
http://www.louis-guillaume.com/IMG/jpg/FeuMouil.jpg
(cliquer pour lire)

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Jean Decellas

 

célébration du 400e anniversaire de la naissance de Pierre Corneille

 

Olivier Pansieri, comédien, metteur en scène

http://www.lagencedecomediens.com/comediens_dest_fiche_id_140_Olivier_Pansieri.php

Jean-Paul Le Flem, agrégé d’Histoire, maître de conférence honoraire à la Sorbonne

 

Pierre Corneille (1606-1684)

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=50
http://www.comedie-francaise.fr/biographies/corneille.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Corneille

A titre de curiosité, voici la présentation de Corneille dans quelques articles internationaux de Wikipedia :
http://en.wikipedia.org/wiki/Pierre_Corneille (en anglais)
http://de.wiipedia.org/wiki/Pierre_Corneille (en allemand)
http://it.wikipedia.org/wiki/Pierre_Corneille (en italien)
http://es.wikipedia.org/wiki/Pierre_Corneille (en espagnol)

 

Pour lire Corneille en ligne sur le site de la Bibliothèque Nationale de France (B.N.F.) :
http://gallica.bnf.fr/scripts/catalog.php?Auteur=corneille

 

De nombreux extraits de Corneille ont été lus à l’antenne, notamment dans les comédies de jeunesse.

 

un extrait de "La Place royale, ou l’amoureux extravagant" (Acte I, scène 4) :

Alidor.
Te rencontrer dans la place Royale,
Solitaire, et si près de ta douce prison,
Montre bien que Phylis n'est pas à la maison.

Cléandre.
Mais voir de ce côté ta démarche avancée
Montre bien qu'Angélique est fort dans ta pensée.

Alidor.
Hélas ! C'est mon malheur : son objet trop charmant,
Quoi que je puisse faire, y règne absolument.

Cléandre.
De ce pouvoir peut-être elle use en inhumaine ?

Alidor.
Rien moins, et c'est par là que redouble ma peine :
Ce n'est qu'en m'aimant trop qu'elle me fait mourir,
Un moment de froideur, et je pourrais guérir ;
Une mauvaise oeillade, un peu de jalousie,
Et j'en aurais soudain passé ma fantaisie ;
Mais las ! Elle est parfaite, et sa perfection
N'approche point encor de son affection ;
Point de refus pour moi, point d'heures inégales ;
Accablé de faveurs à mon repos fatales,
Sitôt qu'elle voit jour à d'innocents plaisirs,
Je vois qu'elle devine et prévient mes désirs ;
Et si j'ai des rivaux, sa dédaigneuse vue
Les désespère autant que son ardeur me tue.

Cléandre.
Vit-on jamais amant de la sorte enflammé,
Qui se tînt malheureux pour être trop aimé ?

Alidor.
Comptes-tu mon esprit entre les ordinaires ?
Penses-tu qu'il s'arrête aux sentiments vulgaires ?
Les règles que je suis ont un air tout divers :
Je veux la liberté dans le milieu des fers.
Il ne faut point servir d'objet qui nous possède ;
Il ne faut point nourrir d'amour qui ne nous cède :
Je le hais, s'il me force ; et quand j'aime, je veux
Que de ma volonté dépendent tous mes voeux,
Que mon feu m'obéisse au lieu de me contraindre,
Que je puisse à mon gré l'enflammer et l'éteindre,
Et toujours en état de disposer de moi,
Donner quand il me plaît et retirer ma foi.
Pour vivre de la sorte Angélique est trop belle :
Mes pensers ne sauraient m'entretenir que d'elle ;
Je sens de ses regards mes plaisirs se borner ;
Mes pas d'autre côté n'oseraient se tourner ;
Et de tous mes soucis la liberté bannie
Me soumet en esclave à trop de tyrannie.
J'ai honte de souffrir les maux dont je me plains,
Et d'éprouver ses yeux plus forts que mes desseins.
Je n'ai que trop langui sous de si rudes gênes :
À tel prix que ce soit, il faut rompre mes chaînes,
De crainte qu'un hymen, m'en ôtant le pouvoir,
Fît d'un amour par force un amour par devoir.

[NDLR : si Angélique, dans la Place Royale, représente l’amante « parfaite » sur le modèle de l'Astrée d'Honoré d'Urfé, Alidor n'est pas éloigné d'Hylas qui représente le « change », l'inconstance amoureuse.]

 

« Corneille est un précurseur de Marivaux. » (Jean Decellas)

[NDLR : Jean Decellas a entièrement raison !]

 

furent évoqués :

 

Jean Racine : "Réponse au discours de réception de Thomas Corneille. Éloge de Pierre Corneille", 2 janvier 1685.
http://www.academie-francaise.fr/immortels/index.html

 Messieurs,

 Il n’est pas besoin de dire combien l’Académie a été sensible aux deux pertes considérables qu’elle a faites presque en même temps, et dont elle seroit inconsolable, si, par le choix qu’elle a fait de vous, elle ne les voyoit aujourd’hui heureusement réparées.

 Elle a regardé la mort de M. de Corneille, comme un des plus rudes coups qui la pût frapper ; car bien que depuis un an, une longue maladie nous eût privés de sa présence, et que nous eussions perdu en quelque sorte l’espérance de le revoir jamais dans nos assemblées, toutefois il vivoit, et l’Académie dont il étoit le doyen, avoit au moins la consolation de voir dans la liste, où sont les noms de tous ceux qui la composent, de voir, dis-je, immédiatement au-dessous du nom sacré de son auguste protecteur, le fameux nom de Corneille.

 Et qui d’entre-nous ne s’applaudissoit pas en lui-même, et ne ressentoit pas un secret plaisir d’avoir pour confrère un homme de ce mérite ?

 Vous, Monsieur, qui non seulement étiez son frère, mais qui avez couru long-temps une même carrière avec lui, vous savez les obligations que lui a notre poésie, vous savez en quel état se trouvoit la Scène françoise, lorsqu’il commença à travailler. Quel désordre ! quelle irrégularité ! Nul goût, nulle connoissance des véritables beautés du théâtre. Les auteurs aussi ignorans que les spectateurs ; la plupart des sujets, extravagans et dénués de vraisemblance ; point de mœurs ; point de caractères ; la diction encore plus vicieuse que l’action, et dont les pointes, et de misérables jeux de mots faisoient le principal ornement. En un mot toutes les règles de l’art, celles même de l’honnêteté et de la bienséance par-tout violées.

 Dans cette enfance, ou pour mieux dire dans ce chaos du poëme dramatique parmi nous, votre illustre frère, après avoir quelque temps cherché le bon chemin, et lutté, si j’ose ainsi dire, contre le mauvais goût de son siècle, enfin, inspiré d’un génie extraordinaire, et aidé de la lecture des anciens, fit voir sur la scène la raison, mais la raison accompagnée de toute la pompe, de tous les ornemens dont notre langue est capable, accorda heureusement le vraisemblable et le merveilleux, et laissa bien loin derrière lui tout ce qu’il avoit de rivaux, dont la plupart déserspérant de l’atteindre, et n’osant plus entreprendre de lui disputer le prix, se bornèrent à combattre la voix publique déclarée pour lui, et essayèrent en vain, par leurs discours et par leurs frivoles critiques, de rabaisser un mérite qu’ils ne pouvoient égaler.

 La scène retentit encore des acclamations qu’excitèrent à leur naissance, le Cid, Horace, Cinna, Pompée, tous ces chef-d’œuvres représentés depuis sur tant de théâtres, traduits en tant de langues, et qui vivront à jamais dans la bouche des hommes. À dire le vrai, où trouvera-t-on un poëte qui ait possédé à la fois tant de grands talens, tant d’excellentes parties ? L’art, la force, le jugement, l’esprit ! Quelle noblesse, quelle économie dans les sujets ! Quelle véhémence dans les passions ! quelle gravité dans les sentimens ! quelle dignité, et en même temps quelle prodigieuse variété dans les caractères ! Combien de Rois, de Princes, de Héros de toutes nations nous a-t-il représentés, toujours tels qu’ils doivent être, toujours uniformes avec eux-mêmes, et jamais ne se ressemblant les uns aux autres ! Parmi tout cela, une magnificence d’expression proportionnée aux maîtres du monde qu’il fait souvent parler ; capable néanmoins de s’abaisser quand il veut, et de descendre jusqu’aux plus simples naïvetés du comique, où il est encore inimitable ; enfin, ce qui lui est sur-tout particulier une certaine force, une certaine élévation qui surprend, qui enlève, et qui rend jusqu’à ses défauts, si on lui en peut reprocher quelques-uns, plus estimables que les vertus des autres. Personnage véritablement né pour la gloire de son pays, comparable, je ne dis pas à tout ce que l’ancienne Rome a eu d’excellens tragiques, puisqu’elle confesse elle-même qu’en ce genre elle n’a pas été fort heureuse, mais aux Eschyles, aux Sophocles, aux Euripides dont la fameuse Athènes ne s’honore pas moins que des Thémistocles, des Périclès, des Alcibiades, qui vivoient en même temps qu’eux.

 Oui, Monsieur, que l’ignorance rabaisse tant qu’elle voudra l’éloquence et la poésie, et traite les habiles écrivains de gens inutiles dans les états, nous ne craindrons point de le dire à l’avantage des lettres, et de ce corps fameux dont vous faites maintenant partie ; du moment que des esprits sublimes, passant de bien loin les bornes communes, se distinguent, s’immortalisent par des chef-d’œuvres comme ceux de Monsieur votre frère, quelqu’étrange inégalité que durant leur vie la fortune mette entr’eux et les plus grands héros, après leur mort cette différence cesse. La postérité qui se plaît, qui s’instruit dans les ouvrages qu’ils lui ont laissés, ne fait point de difficulté de les égaler à tout ce qu’il y a de plus considérable parmi les hommes ; fait marcher de pair l’excellent poëte et le grand capitaine. Le même siècle qui se glorifie aujourd’hui d’avoir produit Auguste, ne se glorifie guère moins d’avoir produit Horace et Virgile. Ainsi, lorsque dans les âges suivans l’on parlera avec étonnement des victoires prodigieuses, et de toutes les grandes choses qui rendront notre siècle l’admiration de tous les siècles à venir, Corneille, n’en doutons point, Corneille tiendra sa place parmi toutes ces merveilles. La France se souviendra avec plaisir que sous le règne du plus grand de ses Rois a fleuri le plus célèbre de ses poëtes. On croira même ajouter quelque chose à la gloire de notre auguste monarque, lorsqu’on dira qu’il a estimé, qu’il a honoré de ses bienfaits cet excellent génie ; que même deux jours avant sa mort, et lorsqu’il ne lui restoit plus qu’un rayon de connoissance, il lui envoya encore des marques de sa libéralité, et qu’enfin les dernières paroles de Corneille ont été des remercîmens pour Louis-le-Grand.

 Voilà, Monsieur, comme la postérité parlera de votre illustre frère ; voilà une partie des excellentes qualités qui l’on fait connoître à l’Europe. Il en avoit d’autres qui, bien que moins éclatantes aux yeux du public, ne sont peut-être pas moins dignes de nos louanges ; je veux dire, homme de probité, de piété, bon père de famille, bon parent, bon ami ; vous le savez, vous qui avez toujours été uni avec lui d’une amitié qu’aucun intérêt, non pas même aucune émulation pour la gloire n’a pu altérer. Mais ce qui nous touche de plus près, c’est qu’il étoit encore un très-bon académicien. Il aimoit, il cultivoit nos exercices ; il y apportoit sur-tout cet esprit de douceur, d’égalité, de déférence même, si nécessaire pour entretenir l’union dans les compagnies. L’a-t-on jamais vu se préférer à aucun de ses confrères ? L’a-t-on jamais vu vouloir tirer ici aucun avantage des applaudissemens qu’il recevoit dans le public ? Au contraire, après avoir paru en maître, et pour ainsi dire, régné sur la scène, il venoit, disciple docile, chercher à s’instruire dans nos assemblées, laissoit, pour me servir de ses propres termes, laissoit ses lauriers à la porte de l’Académie ; toujours prêt à soumettre son opinion à l’avis d’autrui, et de tous tant que nous sommes, le plus modeste à parler, à prononcer, je dis même sur des matières de poésie.

 

Robert Brasillach : "Corneille" (réédition)

cf. : LdJ Anne Brassié 8/6

extrait du livre de Robert Brasillach lu à l’antenne : chapitre VI « La fin du voyage », parralèle de Corneille et de Shakespeare

 Mais un autre parallèle, moins connu, moins classique, le parallèle de Corneille et du plus grand génie dramatique de tous les temps, pourrait peut-être nous enseigner beaucoup de choses, je veux dire le parallèle de Corneille et de Shakespeare.

 Il est en France un écrivain qui a composé sur Rome une suite de drames pleins de beautés, de hardiesse, où semblent se deviner les formes éternelles de la politique, des drames où passent de belles figures de femmes, attendries par l'amour, raidies par la gloire et ces drames, ce ne sont ni Jules César, ni Coriolan, - mais Horace, Cinna et Othon. Il est un écrivain qui est allé chercher chez les chroniqueurs les tableaux de temps peu connus, où la décadence et les temps primitifs, l'or de Byzance, la guerre et la haine, composent des tableaux étranges et barbares, - et les drames de cet écrivain ne sont ni Macbeth, ni Hamlet, mais Pertharite, roi des Lombards, mais Héraclius, empereur de Byzance, mais Théodore, princesse de Syrie, mais Attila, roi des Huns. Il est un drame éternellement beau, où l'amour a été peint pour toujours avec sa pâleur, sa fraîcheur, son feu, où la jeunesse qui aime reconnaît à tout jamais son visage mortel et sa fougue, et ce drame, ce n'est pas Roméo et Juliette, c'est le Cid. Et le même écrivain a fait le portrait du monstre absolu, fou de domination, égaré par la montée du pouvoir en lui comme par la montée d'un poison dans le sang, et ce monstre sans doute il est dans Richard III, mais il est aussi dans Rodogune. Et si un poète a fait la chronique de l'Empire d'Angleterre dans une suite d'œuvres qui ne font qu’un avec l'orgueil national, l'autre a fait la chronique de l'Empire romain et l'a incorporée à notre histoire propre. Pour se délasser, tous deux ont imaginé aussi un monde conventionnel et ravissant, plein de beaux cavaliers qui discutent et se battent en duel, de femmes qui ne songent qu'à l'amour et l'un écrit Beaucoup de bruit pour rien, et l'autre écrit Le Menteur,  et l'un écrit Peines d'amour perdues, ou Les deux gentilshommes de Vérone, et l'autre La Place Royale, et Mélite. Encore ce monde reste-t-il en apparence proche du nôtre, miroir offert à la société ; mais bientôt, ils s'en évadent, ils appellent à leur aide la féerie, les machines, et l'un écrit La Tempête, et l'autre L'Illusion, et le magicien Alcandre sourit au magicien Prospero. Puis ils retournent à leur souci le plus profond, qui est le souci de la grandeur, ils proposent les plus nobles images qui soient de la condition humaine et de son destin, et Shakespeare se penche sur les mystères de la terre et du ciel et du sommeil pour écrire Hamlet et Corneille donne sa réponse de croyant à Hamlet en écrivant Polyeucte.

 

l’éditorial de Claude Humbert dans Le Point du 15 juin : D’un Corneille à l’autre
http://www.lepoint.fr/edito/document.html?did=179816

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

 

Armelle Barguillet Hauteloire, essayiste, conteuse, poète


 

http://mon-bloghauteloire.blogs.allocine.fr

"Proust et le miroir des eaux"


 

http://www.editions-de-paris.com/article.php3?id_article=163


 

extrait de "Cantate pour un monde défunt" d’Armelle Hauteloire


 

http://cahiers-bleus.asso.fr/public/cadres.php3?filename=catalogue&ext=php&page=acceuil
(utiliser la recherche du site)

 

Passer le dernier amer, le dernier cap,
La salutation des phares,
L’eau souveraine jusqu’au débordement des astres.
Voie royale sous l’arc de triomphe du ciel,
Elle est immensité mouvante au regard,
Chaussée d’écume pour la marche océanique des dieux.
L’aire du songe s’ouvre aux hommes qui s’éloignent.
Ils laissent ici leurs instances, leurs lois et leurs réquisitoires.
Hommes, qui d’entre vous fut pris à défaut ?
Délivrez-vous de l’assistance servile des masses.
Honorez votre âme d’un règne nouveau.
Délestez la quille des parures et artifices
Dont vous fûtes ceints et vêtus.
Elle est votre île sur les flots.
Plus nus êtes-vous, plus affranchis dans la lumière.
Votre regard s’accoutume à la blancheur du sel sur les vagues,
A l’éclat du couchant qui saupoudre  les eaux
D’une manne d’étoiles.
Solitude en mer dans un lit de plancton et d’algues,
Votre couche est quelque part
Dans l’enfléchure des haubans.
Hommes, vous voici légataires d’une vie sans offense,
Au seuil de l’empire des eaux,
Au seuil de votre âme marine.

 

furent évoqués (entre autres) :

 


Marcel Proust (1871-1922)


http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Proust
http://www.library.uiuc.edu/kolbp/proustf.html

 


Patrice de La Tour du Pin (1911-1975)



http://fr.wikipedia.org/wiki/Patrice_de_la_Tour_du_Pin

"Une Somme de poésie", en 3 tomes



http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070250385/
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070223205/
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070259773/

 


Ainsi étions-nous avant la connaissance

A l’instant où l’univers se fit image en notre esprit,
La terre était neuve, alors, elle brillait d’un feu ardent.
L’homme parlait à ses troupeaux,
La femme sur lui levait un regard de soeur.
En ces temps nos coeurs habitaient nos corps, immensément.
Me penchant à la fenêtre,
Je voyais comme à travers un voile notre jardin.
Comment accède-t-on à l’impénétrable ?
La folie a pris le pas sur la raison.
L’invisible a cessé de nous rêver.
J’écris pour ne pas me perdre.
Je note au fur et à mesure mes impressions.
Souvent la poésie me quitte, je m’égare
Parce qu’en route, j’ai lâché le fil ténu de l’enfance.
Ah ! L’enfance ! Nous nous y réfugierons
Lorsque le monde aura achevé de vieillir.
Confiants nous franchirons des frontières que nous croyions abolies.
La nature s’offrira à nous.
Ce sera l’aube, l’origine,
L’ère du rayonnement, peut-être...
On ne lit rien à la surface des mots
Mais feignons d’en deviner le sens.
Ce sera peut-être la dernière heure de la nuit.
Personne ne va au-devant de ceux qui s’éveillent.
A moins que l’enfant ne nous ait mis en sommeil pour la vie...
Léogane (?), une demeure à la pointe d’une île blanche,
Un lieu où descendre au fond de soi.
C’est un cérémonial dans lequel on entre,
Un itinéraire commencé avant l’aube.
L’enfant nous guide d’un pas de sourcier.
Une cloche tinte. Elle nous rappelle que le temps
Laisse en nous l’empreinte de ses temps voraces.
Le péril est au bout de cette longe qui nous tient attentifs.
N’allons pas au-delà du signe sur la pierre,
Du tatouage sur la rive abordée.
A nos épaules le temps pèse de tout son âge
Tandis qu’au loin se perçoit le murmure des orges et des blés.
Ton ombre est restée prisonnière des saules
Dans la nuit musicale où les ténèbres parlent à mon oreille.
Le temps a mis en gerbe ses moissons,
Disjoint les pierres qui jaunissent au soleil.
Tout avait commencé, ainsi tout va finir.
Le temps comme la pluie scelleront en nos mémoires
De tragiques espoirs.
Nous saurons un matin nous éveiller ensemble.
Sans rien attendre de l’empire des songes,
Nous tisserons notre destin qui nous fera aigles ou colombes.

[NDLR : textes pris sous la dictée, donc communiqués sous toutes réserves]

 

Armelle Hauteloire a également lu un poème de Pascal Payen-Appenzeller, « un poème pour aujourd’hui, pour mieux vivre, pour ne pas se lasser ».

Le devoir d’écrire

Ne plus attendre
Plonger sans mains
La noyade atteint le sommet du reflet
Je passe les hauteurs de l'instant

Surplombe l'azur

Le poète met la vie à l'envers
Fable de l'amant retourné par l'expérience du toucher
Je parcours l'avenir dont le corps se transforme
Une eau pour s'enivrer sans condition couvre nos jours

N'attendre rien sauf Tout

Le mouvement des ombres
Se propage
Le chant que tu émets à côté de la nuit
Invoque l'heure qui nous dresse sur nos enlacements

Il est des mots comme des pétales

Lorsque faneront la joie et la tristesse
Toujours nous nous confierons l'un par l'autre
Comme la mer au sel
Tenant notre nature pour soeur

La déclaration de l'Archer : la cible

Le plaisir est un promeneur
Aux pas de cristal entre les fosses
L'émotion affûte le chant
Sur le tranchant des lèvres

Ainsi naît le murmure

Des soupirs
Le souffle repousse
Fleurit qui meurt sujet mélancolique
Je te boirai jusqu'à l'alcool

L'autre nom des larmes qu'on aime : LES YEUX.

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
19 mai 2006 5 19 /05 /mai /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Jean Decellas

 

 Vincent Breton, peintre, président de la Société Versaillaise des Artistes d'Ile-de-France

La statue équestre de Louis XIV, installée dans la cour d’honneur du château de Versailles, a été retirée en vue d’une restauration. Elle pourrait ne pas retrouver sa place. Une association s’est créée pour son rétablissement dans la cour du château.
http://www.lefigaro.fr/...._louis_xiv_desarconne_a_versailles.html

 

association Statue de Louis XIV
3, rue de Limoges
78000 Versailles
01 39 50 78 17


 

hommage à Corneille

 

Gustave Larroumet : "Racine"
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/B0000DTCRH/

« Ce que Sophocle et Euripide doivent à Eschyle, Racine le doit à Corneille. »


 

Olivier Pansieri, comédien, metteur en scène, traducteur, animateur de la compagnie "Arts scéniques et veilles dentelles"

http://www.lagencedecomediens.com/comediens_dest_fiche_id_140_Olivier_Pansieri.php

 

prochain spectacle de la compagnie :

 

Bertolt Brecht : "La bonne âme du Setchouan"

 à la Maison du Brésil de la Cité Universitaire (Paris 14e arrondissement) : vendredi 19, jeudi 25, vendredi 26 et samedi 27 mai 2006 à 20h30

(architecte : Le Corbusier)
http://www.maisondubresil.org/Culturel/agenda.htm

 à la résidence Lucien Paye de la Cité Universitaire (Paris 14e arrondissement) : du 1er au 11 juin 2006, jeudis, vendredis, samedis à 20h30, dimanches à 16h

http://www.ciup.fr/lucien_paye.htm

contact pour tout renseignement :
01 43 54 05 02

 

furent évoqués (entre autres) :

 

Shakespeare : "Le Conte d’hiver"

 

photo du spectacle d’Oliver Pansieri, par Patrice Dupré

http://theothea.com.free.fr/page149.htm#conte

 

Jan Kott : "Shakespeare notre contemporain"

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
5 mai 2006 5 05 /05 /mai /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

la poésie de Georges Henein

 

Liza-Maria Winterhalter, poétesse, comédienne

 

http://lizamaria.site.voila.fr (nouveau site)

 

Georges Henein (1914-1973), écrivain égyptien de langue française
http://www.arbre-de-lune.fr/Diffusion/unes/henein.htm
http://www.arbre-de-lune.fr/auteurs/Henein.htm
http://pages.globetrotter.net/charro/HERMES4/henein.htm

 

"Œuvres"

 

Définition de la poésie par Georges Henein : « tremblement provocant du réel
non saisi, ce qui rapproche le plus d’une réalité habitable. »

 

« Le pardon des caresses », in L’incompatible

Dans l’éloignement où je suis,
Le regard se prolonge d’une mort uniforme
Qui n’est pas la cécité.
Dans l’éloignement où je suis,
Le sang est un village gris
Qui se dérobe aux semailles.
Dans l’éloignement où je suis,
Je ne vois personne qui pratique
Le pardon des caresses.
On dirait que l’orage a tout repris.
Le sacrifice est rejeté.
Le sceptre d’ivoire s’est figé
Dans une pâleur accrue.
Le pain sec ne franchit plus la gorge de l’enfant.
Cette place n’était pas à traverser,
Mais une femme s’avance,
Seule face au temps noir.
Ce n’est rien.
C’est une passante fatiguée
Qui pose la tête sur un socle vide
Ce n’est rien.
C’est la pureté de la dernière heure
Qui soit se contempler avec des yeux troubles.


 

Liza-Maria Winterhalter : "L’année des larmes blanches" (en cours de parution)
http://www.harmattan.fr

Forêt des pas perdus

Obscure vive bouche
A l’ombre des genoux.
Entre les deux mains jointes
L’obscure bouche vive.
Prière des mains vives
La bouche morte vive.
Entre les pierres obscures
L’obscure des genoux.
La bouche, la morte vive
A l’orée de la jointure
Entre les pierres vives
L’obscure, l’épissure.
Le vivace, le bel argent
A l’orée de la jointure.
Le vivace, le clair éclair blanc
L’éclaire neige éclaire
La bouche morte vive
A genoux, le vierge à l’échappée
Sur la bouche morte vive.
Entre les mains jointes
Les mains jointes de pierre vive
L’obscure vive bouche.
Vive neige échappée
Sur la bouche morte vive
A l’ombre des genoux.

 

[NDLR : poèmes pris sous la dictée et donc communiqués sous toute réserve]


 

hommage à Jean Grosjean décédé le 10 avril 2006

 

Jean Grosjean

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Grosjean
http://www.gallimard.fr/catalog/html/actu/index/index_grosjean.html

 

furent évoqués :

 

 l’art inuit
http://fr.wikipedia.org/wiki/Art_inuit
http://nezumi.dumousseau.free.fr/artinuit.htm#inuit

 

"Art inuit : La Sculpture et l'Estampe contemporaines des Inuit du Canada",
édition bilingue français-anglais

 

un exemple d’art inuit contemporain :

"Ours dansant" de George Arlook

 

 Özdemir Ince, né en 1936

http://www.arbre-de-lune.fr/auteurs/INCE.htm

"Mani est vivant"

http://editmanar.free.fr/auteurs/Mani.htm

 

 Zéno Bianu, né en 1950

http://www.printempsdespoetes.com/le_livre/moteur.php?fiche_poete&cle=37&nom=Z%C3%A9no%20Bianu
http://perso.wanadoo.fr/hotelbeury/hotelbeury_html/hotel_beury_bianu-poesie.html

"Le battement du monde"



On peut se procurer l'ouvrage à l'adresse suivante :
Campu magnu
20213 Castelar di Casinca

 

Tout est là,
Tout commence avec la nuit étoilée,
Ce que tu cherches au plus obscur,
Ce que tu cherches sans chercher,
Ce qui te traverse :
Un abandon au monde
Et peut-être même un abandon de l’abandon
Tout est là : la nébuleuse spirale,
Les onze étoiles centrifuges
Et le croissant de soleil-lune,
Vestiges d’éclipses, bouches de blessure-joie.
Tout est là avec cette formidable force de réenchantement.
Ecoute, c’est la vie même,
Qui veut la nuit comme le jour
C’est la vie comme une naissance continue.
Combien de naissances dans une vie ?
Van Gogh n’arrête pas de poser des questions,
Des questions pour répondre à d’autres questions.
Voilà, dit Van Gogh,
Si tu veux connaître le goût de la peinture,
Il faut que tu la boives,
Que tu consentes à cette onde qui te lave les yeux,
Que tu t’enfouisses en apnée
Dans la connexion des atomes.
C’est Dieu plus l’énigme.

 

 la Revue Poésie 1, revue des éditions du Cherche-midi

http://www.cherche-midi.com/FR/catalogue/collec.asp?CatId=13

 

Jean-Marc Benedetti

http://www.edition-grasset.fr/auteurs/2005Benedetti.htm

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
21 avril 2006 5 21 /04 /avril /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

Douglas Gressieux : président de l'association "Les comptoirs de l'Inde"

http://www.comptoirsinde.org

"Les comptoirs de l'Inde : Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon et Chandernagor"

http://www.livranoo.com/livre-Inde-Les-comptoirs-de-l'Inde---Pondichery-Karikal-Mahe-Yanaon-et-Chandernagor-676.html

 

annonces :

 

Un voyage en Inde est en cours d’élaboration (18 jours en novembre et décembre 2006) ; il est organisé par l’association Les Comptoirs de l’Inde.
Pour tout renseignement :
60, rue des Vignoles
75020 Paris
01 46 59 02 12

 

Manifestations à la Galerie-Librairie « Impressions »,
98, rue Quincampoix
75003 Paris
01 42 76 01 04

7 mai à 16h : spectacle de danse de style « Odissi » par Barbara Curda
13 mai à 17h : débat-échange sur l’Inde avec Gérard Clos, photographe

 

Simon : "Au corps de l’Inde"

 

furent évoqués :

 

Baudelaire : L’invitation au voyage, dans "Les Fleurs du mal"

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
A l'âme en secret
Sa douce langue natale.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.
Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

les comptoirs de l’Inde

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissements_fran%C3%A7ais_de_l'Inde

 

Pondichéry

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pondich%C3%A9ry
http://belleindochine.free.fr/Pondichery.htm

 

Yanaon

http://fr.wikipedia.org/wiki/Yanaon

 

Karikal

http://fr.wikipedia.org/wiki/K%C3%A2rik%C3%A2l

 

Mahé
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mah%C3%A9_%28Inde%29

 

Chandernagor

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chandernagor

 

la langue Tamoul
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tamoul

 

Claude Martin (1735-1800), aventurier

http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Martin

 

Lucknow

(Lucknow pendant la révolte des Cipayes)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucknow

 

la révolte des Cipayes
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_des_Cipayes

 

René Madec (1736-1794), aventurier

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Madec

 

François Martin (1634-1706), fondateur de Pondichéry
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Martin

 

Musée de Port-Louis
http://www.musee-marine.fr/index.php?lg=fr&nav=173


 

 

évocation de Corneille

 

poème "Au Roi, sur sa conquête de la Franche-Comté"

Quelle rapidité de conquête en conquête
En dépit des Hivers guide tes étendards ?
Et quel Dieu dans tes yeux tient cette foudre prête,
Qui fait tomber les murs d’un seul de tes regards ?

A peine tu parais, qu’une Province entière
Rend hommage à tes lis, et justice à tes droits,
Et ta course en neuf jours achève une carrière
Que l’on verrait coûter un siècle à d’autres Rois.

En vain pour t’applaudir ma Muse impatiente
Attendant ton retour prête l’oreille au bruit :
Ta vitesse l’accable, et sa plus haute attente
Ne peut imaginer ce que ton bras produit.

Mon génie étonné de ne pouvoir te suivre
En perd haleine et force, et mon zèle confus,
Bien qu’il t’ait consacré ce qui me reste à vivre,
S’épouvante, t’admire, et n’ose rien de plus.

Je rougis de me taire et d’avoir tant à dire ;
Mais c’est le seul parti que je puisse choisir :
Grand Roi, pour me donner quelque loisir d’écrire,
Daigne prendre pour vaincre un peu plus de loisir.

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 09:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

Baudingam Bahuana-Lebbeorran, poète tchadien, ancien diplomate
http://www.noisy-le-grand.fr/Download/Noisy%20113.pdf (page 23)

"Les entretiens du Parc Beaumont"



« Pau, 24 boulevard des Pyrénées, 12/2/92, 10h13
A Oulouna Tchombi de Halami

Qu’est-ce que c’est que ce gouvernement
Qui tue, spolie, vole et terrorise ?
As-tu vu ces yeux exorbités, ces larmes ?
As-tu entendu ces cris de gémissement
Obtenus sous la terreur ?
Qu’est-ce que c’est ?
Qu’est que c’est que ce gouvernement
Qui détruit au lieu de bâtir, anéantit
Au lieu d’insuffler l’ardeur,
Le courage, la fierté d’un peuple, d’un Etat, d’une nation ?
De bassesse en bassesse les mots me manquent.
Quelle force et forme de mépris faudrait-il leur opposer ?
Oulouna, as-tu vu
Ces yeux exorbités de femmes et d’enfants,
De vieillards et d’infirmes sans défense,
Blessés dans leur chair, amoindris dans leur âme,
Dont l’existence, jusqu’à l’amour propre,
Est outrageusement offensée, insultée, anéantie ?
As-tu entendu, Oulouna,
Ces cris de désespoirs
Psalmodiés sous la contrainte, étouffés dans le sang.
As-tu vu
Le blanc de leurs yeux rougis, blafards et sans éclat,
Implorant une juste mort, digne et sans haine ?
As-tu vu le peuple tchadien à genoux devant l’histoire ?
As-tu ressenti sa déchéance, son humiliation honteuse ?
Oulouna, je décris ce que je n’ose décrire.
J’invoque par la parole ce que je dois anéantir par les actes.
Combien de jours, de mois, d’années encore à venir
Devons-nous voir se perpétuer ce massacre atroce
D’un gouvernement contre son propre peuple ?
Entendre prononcer ces paroles par ma bouche
Ne saurait t’étonner ici en France
Et ailleurs dans le monde.
Le concept du droit d’ingérence a largement été
Accepté, initié et lancé par la France.
Il devrait s’appliquer aux gouvernements que soutient la France.
Au Tchad les Mirages, les F15, les Jaguars et autres armes
Sont les parapluies qui étouffent
Les jets de sang du peuple tchadien en révolte. »

 

déclaration de Pascal Payen-Appenzeller en cours d'émission :

« Plus que jamais, mes amis, je voudrais prendre position, lutter contre ce
qui, d’ailleurs, aujourd’hui, dans la déconstruction de la poésie, dans
l’absence de lyrisme, est en somme un objectif, mené depuis le Parnasse. Et
j’aime  beaucoup Théodore de Banville... Mais enfin ! La forme est moins
importante que le fond. Les mots les plus simples sont le chant du poète,
c’est-à-dire celui qui fait le monde, donne à la réalité sa véritable
vertu : le courage d’avoir un visage... Et cette poésie où vous direz :
« Mais n’est-ce pas un discours politique ? De quoi s’agit-il ? Quelle est
cette prose ? Où sont les rimes ? A quoi ça rime ? », ça rime à l’humanité.
Voilà ce que c’est que le chant d’un poète... Et nous, ici, en France, nous
n’avons plus de réelle poésie politique, parce que nous ne savons plus
protester. Nous ne savons plus être poètes. Je tiens bien que la plupart des
poètes aujourd’hui travaillent le langage, le petit sentiment, la petite
confession, enfin toutes ces imbécillités qui me permettent de prendre
position : la poésie est communion humaine. »

 

poème de Pascal Payen-Appenzeller :

« Par mes yeux levés dans les vôtres,
Pâte du regard au levain,
Reconnaissant le pouvoir d’une magie naturelle,
Je vois enfin le sourire se former en merci.
Ce bonheur léger qui ne passe pas dans les mots,
Comme une source qui jaillirait sous l’herbe,
Continuerait d’y couler sans se montrer
Autrement qu’en perles,
Tournant en colliers des siestes peintes par Monsieur Courbet.
J’ouvre les livres à la page des simples qui ne fanent pas.
L’escalier traverse les étages aux portes ouvertes.
Le toit de la vie se soulève comme une poitrine. »

 

coup de foudre de Pascal Payen-Appenzeller :

Yvon le Men : "Besoin de poème : Lettre à mon père"



« Qu’en est-il de celle, de celui qui jamais ne lit ?
Dans quelle langue son poème s’écrit-il ?
Celle des nuages, qui dans le ciel bleu ressemblent à des montagnes ?
Celle de la neige, qui sur le sol ressemble à un manteau blanc ?
Celle de la mer qui à l’horizon ressemble à du ciel tombé par terre ?
D’où viennent les images de celui qui ignore le poème
Et dont la langue est faite de phrases mortes
Et mille fois récitées ?
Elle tourne autour du temps qu’il fait, fera, faisait,
De la vie qui passe, passera, passait.
Ses yeux regardent mais ne voient pas
Et s’ils voient ne savent pas nommer.
Sa langue connaît les mots
Mais pas les verbes qui les tiennent, les montent, les chantent.
Elle passe du rire au larme, sans rien dire,
Alors que les larmes et les rires auraient besoin de notes justement placées
dans la phrase.
S’il n’y avait la météo, le chômage, la guerre ici ou là,
Les enfants des autres qui naissent,
Les parents des autres qui meurent
Il n’y aurait aucun sujet de conversation.
Pourtant celui qui ignore le poème connaît le silence,
Celui qui ignore le poème sait malgré lui que le silence est au coeur du
poème.
Et pourtant celui qui ignore le poème n’ignore pas
Le jaune de la rose du jardin, le rouge de la pomme à couteaux
Et le parfum du lys qui s’accroche à la robe de la jeune femme
Celui qui ignore le poème n’ignore pas
Le chant de l’alouette dans le lointain du ciel,
L’ombre du nuage sur l’herbe de la prairie,
Le départ de l’hirondelle à la fin de l’été
Et le retour de l’enfant à la sortie de l’école.
Celui qui ignore le poème n’ignore pas le travail de la mort
Sur le visage de l’épouse,
Du chagrin dans le corps de la veuve.
Celui qui ignore le poème
Sait cueillir un bouquet de fleurs et une poignée de haricots pour le retour
de sa fille.
Mais si tu lui demandes des mots, son regard s’assombrit
Et ses poings se referment sur des paroles qui ne seront pas dites
Et dont les noms ne connaissent pas d’adjectif.
Mais quand celui qui ignore le poème pleure, même en silence,
Le poème en lui trouve sa route,
Même dans le silence de ses larmes. »

[NDLR : poèmes notés sous la dictée, donc communiqués sous toute réserve, notamment sur le plan de la ponctuation et de la mise en page]

 

furent évoqués :

 

le Parc Beaumont, à Pau

 

Djéour Cissokho, musicien

http://www.afrik.com/musik/artiste.php?id_artiste=1551
http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/073/article_15978.asp

 

Werner Lambersy, poète belge

http://www.wernerlambersy.com
http://www.printempsdespoetes.com/le_livre/moteur.php?fiche_poete&cle=240&nom=Werner%20Lambersy

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
24 mars 2006 5 24 /03 /mars /2006 10:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Jean Decellas

 

hommage à Corneille, pour le 400e anniversaire de sa naissance

 

Pierre Corneille (1606-1684)

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=50

Henri de Bornier (1825-1901)

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=474

 

"La Muse de Corneille", poème donné par Henri de Bornier à l’Odéon, théâtre impérial, le 6 juin 1854

« - O Corneille, je suis la pâle Melpomène,
Celle qui souriait dans son austérité,
Quand ta pensée, au fond de ton âme romaine,
Cherchait ce dur métal qu’on nomme vérité.
Maître, comprends mes pleurs : tu n’es plus et j’existe.
De la tombe les dieux m’interdisent ton seuil.
Ils m’ont faite immortelle afin que je sois triste.
Et voilà deux cents ans que je porte ton deuil.
Reconnais-moi : j’ai vu naître tes plus beaux rêves.
Je les ai vu grandir comme de jeunes rois.
Et quand tu te courbais sur ton labeur sans trêve,
J’étais comme ta mère et ta fille à la fois.
Mère, j’étais tremblante et, fille, j’étais fière.
Mes craintes du moment mon orgueil les domptait.
L’envie autour de toi soulèverait la poussière,
Le soleil de ta gloire à l’horizon montait.
O comme je t’aimais, poète simple et grave.
Sur la lyre humblement posant tes doigts d’airain,
Vieux Corneille, un enfant t’aurait fait son esclave.
Et tu prêtais aux dieux ton souffle souverain.
Pour notre humanité tu savais être juste,
A ses propres vertus tu voulais l’asservir.
Quand tu parlais d’Octave, il s’appelait Auguste,
Et l’empereur clément cache le triumvir.
Ton génie était tendre, homme de forte race,
Comme un océan doux dans sa rébellion.
Rempli de ta puissance, on connaît moins ta grâce.
Mais moi j’ai vu des pleurs dans des yeux de lion.
Tu fus Chrétien surtout, moi fille du Permesse,
Qui gravis l’Acropole et le haut Parthénon,
Tu m’enseignas le Christ et la bonne promesse
Et tu ne m’as laissé de païen que le nom.
Sous l’éclair du Tabor quand ses vers s’inclinent
On comprend que l’erreur du monde va partir.
Le sang de Polyeucte a fécondé Pauline.
Et ton plus grand héros est un Chrétien martyr.
De plus riants travaux sollicitaient ton zèle.
Avec ma soeur Thalie, au sourire narquois,
Comme un lion jouerait avec une gazelle,
Tu jouais. Et je fus jalouse quelquefois.
O travail, longue nuit, calme que rien n’altère.
D’autres sont orgueilleux de l’art. Toi tu l’aimais.
Comme un sage qui vit dans son champ solitaire
Tu vécus dans ton oeuvre et n’en sortis jamais.
Et maintenant, hélas, je reste sombre et seule.
Mon pin jadis si fier cherche en vain ton appui.
On rit presque de moi, de l’importune aïeule.
Ah ! venge-nous de ceux qui vivent aujourd’hui.
Dis-leur que ce qu’ils fondent est frêle et périssable.
Qu’on ne peut, créant trop, créer rien de vivant
Et que leur édifice est bâti sur le sable
Et qu’il doit s’écrouler au premier coup de vent.
- Arrête, Muse, arrête ! Et de ton injustice,
Toi qui vis, ne crois pas que la mort soit complice.
Je ne t’accuse point : tu nous as tant aimés.
Tu crois le jour éteint, voyant mes yeux fermés.
Pour les jeunes souvent la vieillesse est sévère
Et se plaint d’autant plus que plus on la révère.
Mais dès que sur nos fronts la mort a mis son sceau,
La tombe est pacifique et ressemble au berceau
C’est pour nous révéler sa raison souveraine
Que Dieu nous a couchés dans la tombe sereine.
Je goûte ce sommeil calme, pur, infini,
Et, breuvage divin, la mort m’a rajeuni.
Tous les ans, à ce jour, heureux, je me réveille.
Mes jeunes héritiers disent : « Gloire à Corneille ! »
Leur admiration ressemble à de l’amour.
Ils m’aiment, je le sens, je les aime à mon tour.
- Ils t’aiment, j’en conviens. Mais à leur grand dommage
Ils ne t’imitent point - C’est encore un hommage.
- Mais toi, lent au travail, peux-tu voir  sans courroux
Cette fécondité qui les tuera. -  Pas tous.
- Quoi que bien indulgent, de leurs oeuvres, ô maître
Tu ne signerais pas une seule. - Peut-être.
Je t’en pourrais nommer plus d’un dont tu rougis
Par qui furent au-delà les sommets élargis.
Plus d’un hardi plongeur au fond du gouffre amer
Malgré les flots grondants cueille la perle rare.
Plus d’un fervent mineur qui creuse et creuse encore
Fouille le sein de l’art où gît la nappe d’or.
Leur audace sans cesse accrue et véhémente
Est belle à voir, ô muse, et te rendra clémente.
Considère surtout l’enseignement profond
Que doivent leur donner les choses qui se font.
Les faits parlent, les voix ne seront point muettes
Va ! Quand un siècle est grand il fait de grands poètes
Et regarde en effet quel siècle grand et beau,
Taillant le monde entier pour s’y faire un tombeau.
Contemple ses splendeurs, ses héros, ses victoires,
Ses malheurs qui n’ont eu de pareil que ses gloires.
L’élan universel qu’il donne à chaque pas
Ses durs enfantements qui ne l’épuisent pas
Déçu, parfois, toujours fidèle à l’espérance,
Où va-t-il ? Au progrès. Qui le guide ? La France,
Cette France qui livre à tous les regards
L’éclair de son épée et le flambeau des arts.
O Corneille, pardonne à ma parole amère
Je le vois, la douleur de l’injustice amère.
O Corneille, ô génie, ô superbe raison,
Ame des morts qui n’as que Dieu pour horizon. 
Etonnée, attendrie et n’osant te répondre
Avec les tiens du moins mes voeux vont se confondre.
- Tu feras mieux : à toi de choisir les meilleurs
Et, malgré les méchants, les fourbes, les railleurs,
Les pierres de l’envie et les brouillards du doute
De leur dire « Marchez ! » en leur montrant la route.
Donne-leur du courage et je te bénirai
Car ils sont mes enfants. - Maître, j’obéirai.
- Et vous tous, mes amis, jeune fleur, jeune flamme,
Foyers déjà brûlants qui me réchauffez l’âme
Espoirs des temps nouveaux, fils des pères fameux,
Travaillez, mes enfants, pour être grands, comme eux.
J’ai lutté comme vous et plus que vous peut-être.
J’eus pour rival Racine et Richelieu pour maître.
Adieu, fils, soyez fiers, soyez calmes et doux.
Adieu, laissez rentrer dans le tombeau jaloux
Où parfois un écho de vos chants le réveille
Votre aïeul incliné, votre père, Corneille. »

[NDLR : poème pris sous la dictée]


 

Victor de Laprade (1812-1883), poète religieux français

 

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=406
http://en.wikipedia.org/wiki/Victor_de_Laprade (en anglais)

 

extraits des "Poèmes évangéliques"
http://epelorient.free.fr/poesie/laprade.html

 

On peut lire de plus amples extraits des œuvres de Victor de Laprade sur le
site de la Bibliothèque Nationale de France (Gallica) :
http://gallica.bnf.fr/scripts/catalog.php?Auteur=victor+de+laprade

 

fut évoqué :

 

Jean-Jacques Gabut : "Lyon mystique et sacré"

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
10 mars 2006 5 10 /03 /mars /2006 10:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

évocation de Vladimir Vokoff

 

Georges Clément, poète

 

poème de Georges Clément :

A Vladimir Volkoff, mort le 14 septembre 2005

« Paris, sans la moindre cigale,
Et sans cyprès, sans oliviers,
Paris, univers sans égal,
Brûle encore du feu de l’été.
Il cesse de vivre, soudain.
Un mot de Dieu aura suffi
Pour rappeler Son écrivain.
Le Père souffle la bougie,
Impatient de l’avoir à lui.
C’est au coeur de l’azur
Que le malheur est pur.

La Seine somnole au soleil.
Un coin de bleu, entre les tours,
Simule, en la saison des treilles,
Un pur juillet qui fait l’amour.
Il a pu dire « à demain »,
Boire du vin, écrire un peu,
Sans se soucier du destin.
Grand silence... Le chien grogne, heureux.
Les fusils luisent, silencieux.
C’est au coeur de l’épure
Que le malheur est sûr.

La grande bâtisse soupire,
La rivière gargouille, la nuit
Dépasse le cap où expire,
En douze coups, le jour qui fuit.
Il s’éteint. L’heure a trépassé.
Il ne sut point l’après,
L’esprit si plein du raffut des projets
Que la mort en chaussons l’a pris
Sans qu’il ait cru perdre la vie.
C’est au creux de l’azur
Que le malheur est dur. »

 

Vladimir Volkoff (1932-2005)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Volkoff

récapitulatif des hommages à Vladimir Volkoff
http://www.grece-fr.net/agora/index.php?showtopic=730

  

extraits de "Olduvaï" :

« J’aime votre drame passionnément, mon frère. J’aime la lumière tremblante de vos bougies, les alternances troublantes de votre voix, les robes contradictoires de vos actrices, vos rimes qui se répandent et deviennent prose quand la membrure des premiers actes craque comme craque une cosse bourrée de petits pois verts. J’aime le vieux thème cueilli dans le vieux livre et repiqué dans ce jardin nouveau. J’aime l’amusette savante des anagrammes, j’aime la répartition sagace des mains, la droite à droite et la sinistre à gauche. J’aime votre immense visage ex machina, rompant soudain les proportions reçues et refaisant Guignol les marionnettes. Et j’aime surtout, mon frère, que le serpent qui apparaît (...) soit votre index pointu et ondulant comme Lucifer qui est l’index de Dieu. »

« C’est là, Rachel, l’exacte image du monde, et vous voyez vous-même comme il est beau, un entrelacs de sombres lueurs tacites et d’ombres intérieurement luisantes en marche. Tout est brouillé en harmonies virtuelles, tout se déplace comme un problème confus, comme une machine complexe aux roues dentées, roulant sûrement les nuages et les étoiles vers l’équation suprême du clair de lune. Le jour, défait comme un vêtement usé, est repoussé d’un geste royal. La nuit, dans sa virginité radieuse, triomphe. Demain, gardée par les dents longues des heures, elle s’en ira, noirâtre, au fil du temps. Un nouveau jour intact viendra vêtir l’épaule sereine, à jamais jeune, du Monde. »

 

extraits des "Maîtres du temps" :

« J’ai planté ma maison comme un pieu dans la nuit et j’y ai attaché le temps. Et depuis ce temps-là le temps tourne et hennit et tiraille sur sa longe qu’il mord. A quoi bon le fixer par le frein et le mors si ses reins restent libres et ruent. Il faudrait en même temps le tenir par la queue, comme deux points épinglant une droite. »

« Je dessine un triangle et je fonde Pythagore et Euclide, un autre triangle ou le même et ils sont récusés. Je dessine un triangle et mesure la distance du soleil. Je dessine un triangle et fait sourdre la Grande Pyramide. J’en dessine quelques uns et je triangule toute la terre. J’en dessine encore plus et je triangule Dieu. »

 

furent évoqués :

 

Vladimir Volkoff : "Les humeurs de la mer" (quatre volumes)

"Olduvaï"
"La leçon d’anatomie"
"Intersection"
"Les Maîtres du temps"

 

 

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
24 février 2006 5 24 /02 /février /2006 10:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Jean Decellas

 

Pierre de Nolhac (1859-1936)

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=537
http://commelaplumeauvent.com/pierre-de-nolhac.htm

 

"Paysage de France et d'Italie" : Sonnet pour Hélène

« Lorsque Ronsard vielli vit pâlir son flambeau
Et connut le néant des gloires passagères,
Il voulut échapper aux amours mensongères,
Et d'une chaste fleur couronner le tombeau.

Faisant don de sa Muse et de son cœur nouveau
À la jeune vertu d'Hélène de Surgères,
Il confia ce nom à des rimes légères,
Et son dernier amour ne fut pas le moins beau.

Ils se plaisaient ensemble à fuir les Tuileries
Et devisaient d'Amour sur les routes fleuries,
D'Amour, honneur des noms qu'il sauve de périr.

Le poète songeait, triste qu'elle fût belle
Alors qu'il était vieux et qu'il allait mourir ;
- Mais, elle, souriait, se sachant immortelle. »

 

"Le testament d’un Latin", Plon, 1929
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/B0000DN3N1/

« Je ne quitterai pas ce monde où j’ai laissé
S’enchanter mon esprit aux songes du passé
Sans avoir rendu grâce à la cause première
Par qui j’ai pu goûter les sons et la lumière,
Et sans me réjouir qu’il m’ait été donné
De connaître l’honneur du sang dont je suis né.
Puisqu’une voix vivante en moi parle et proclame
Comment dans nos aïeux se prépara notre âme,
Je veux la faire aux miens puis à tous ceux
Qui, grandis comme nous et sous les mêmes cieux
Cherchent pareillement le secret que charrie
Dans nos veines le flux incessant de la vie. »

Prélude

« Fils d’un peuple démon, où, dans l’ombre des bois,
Le mystère divin prête aux chênes ses voix,
Chez qui les longs hivers, les vastes solitudes
Font en décor durci vivre des âmes rudes,
Fières, prêtes toujours aux ordres de la mort,
Pourquoi, né d’un tel sol, nourri d’un sang si fort
Dans ce coeur irrité formes-tu d’autres rêves ?
Vers quels pays lointains fuis-tu ? Vers quelles grèves?
Comment un seul désir, identique et joyeux,
Met-il toujours sa claire image dans tes yeux. ?
Reconnais-tu la mer sous les feux d’une aurore
Qui sur tout l’horizon la caresse et l’adore ?
Une montagne agreste et verte d’arbrisseaux
Double sa forme harmonieuse au fond des eaux.
Tout est frais, tout est pur. L’offrande du rivage,
Unissant mille odeurs en un encens d’hommage,
Monte vers le soleil, seigneur du ciel ardent.
Sous les pas arrondis qu’a modelé le vent,
Des temples étagés sur la colline haute
Regardent fuir au loin les golfes de la côte.
Mais une voile approche et déjà, sur les flots,
S’envole chez les dieux l’hymne des matelots
Ta mémoire, à la fois lumineuse et sonore,
T’apporte, si tu veux, d’autres tableaux encore.
Vois descendre des monts où dansaient les sylvains
La nuit, qui sur les eaux pose ses pieds divins
Et grandissant au ciel entraîne dans ses voiles
Le peuple illimité des tremblantes étoiles.
A l’Occident s’éteint la ligne de clarté.
Nul chant ne s’entend plus sur le flot déserté,
Et l’homme, abandonné par les voix de la vie,
Se sent enveloppé de l’étrange harmonie
Où vibre, comme un luth immense dans l’éther,
Le silence accordé du ciel et de la mer. »

La nouvelle Sagesse

« Bonté de Dieu qui vint révéler à l’homme,
Quand l’esprit grec régnait sur l’univers de Rome,
Tendresse d’un appel aux mots inentendus
Qu’une longue espérance avait tant attendu,
Liberté dont l’esclave eût allégé sa chaîne,
Lumière que Platon entrevoyait à peine,
Pur amour dont nul rêve humain n’aurait osé
Proposé le mystère au monde hellénisé.
Lorsque jaillit à flot pour la terre incertaine,
Au jour prophétisé, la nouvelle fontaine,
Bien qu’elle eût déjà bu dans la source du vrai,
Son coeur de plus en plus en restait altéré.
Les peuples égarés par l’orgueil de la vie
Au désordre charnel la tenait asservie.
Les meilleurs, attentifs à la seule beauté,
Dissimulaient sous le décor de la cité
Une geôle où peinait la tourbe en servitude.
Partout violenté, rompu de lassitude,
L’esclave qui mêlait ses larmes à son sang
Ebranlait d’un long cri la maison du puissant.
Comment les peuples rois, élus de la lumière,
Ont énervé leur force et leur vertu première ?
Comment dans leur ciel pur le châtiment tonna ?
Pourquoi sont écroulés tes autels, Athéna ?
Nous le savons L’histoire est un vaste décombre.
Quand une nation, par des vices sans nombre,
A prodigué l’outrage aux dieux qu’elle adora,
Le cheval du barbare entre dans l’agora.
Mais tu reprends alors, ô Méditerranée,
La tâche qui t’illustre et te reste assignée.
Tu rapproches encore les hommes. C’est pour eux
Que de nouvelles nefs fendent les flots heureux.
Ceux qui viennent avec l’hostie et le calice
Ont connu la montagne où fut le grand supplice
Et la marque à long front par le feu visité
Est le signe du juste et du ressuscité.
Ils apportent son nom sous leur manteau de laine
Et l’amour infini dont sa parole est pleine
Ordonne qu’à leur voix les peuples soient unis.
Apôtres, confesseurs, martyrs, soyez bénis.
Par vous, par votre fière et fidèle espérance,
La terre en son péché verra sa délivrance.
Et s’ils ont dans le coeur Celui dont vous parlez
Les doux seront heureux, les pleurants consolés.
Courez, saints ignorés, de rivage en rivage,
Allez, sans vous lasser, porter votre message
A la mer hellénique et dans les ports latins.
Annoncez-leur le Christ et les nouveaux destins,
Le Christ vengeur en qui toute injustice espère,
Le Christ libérateur, le Sauveur et le Père. »

Roma aeterna

« Rome, tu ne meurs pas. Après dix-neuf cents ans,
Nous n’avons point cessé d’user de tes présents.
Car, dans ces temps nouveaux, tu poursuis ta fortune.
Tu donnes aux Latins leur grande âme commune.
Quiconque vient à toi, même l’humble passant,
Devrait franchir ta porte en fils reconnaissant.
Les enfants de ton âme auquel ton sort te lie,
Ne les recherche pas dans l’heureuse Italie.
Et si le juste orgueil de ton sang rénové
T’invite à ressaisir un rôle inachevé,
Si la race a pris foi dans ta force fidèle,
Fais appel à tous ceux qui se réclament d’elle.
Songe qu’ils ont lutté dans les mêmes périls,
Qu’ils ont su pour ta gloire unir des coeurs virils
Que pour d’autres labeurs leurs volontés sont prêtes.
Dont la voix a parlé par celle des poètes.
Nos peuples, héritiers des domaines romains,
Sauront garder la paix du monde entre leurs mains,
Disait-il en des jours de tourmente lointaine
Pour ton oeuvre aujourd’hui l’heure est moins incertaine.
Une égale espérance est la nôtre toujours
Et du ciel où jaillit le cri de ses amours
L’alouette gauloise émerveille et domine
Les champs ensemencés pour les moissons latines.
Ton empire idéal, Rome, règne au-delà
De cette étroite Europe où  l’autre s’écroula.
Au loin des océans, un peuple ne s’élève
Qu’autant que ton esprit l’étreint et le soulève.
Même les plus épais et les plus orgueilleux
Se sentiraient déchoir si tu t’éloignais d’eux.
Les puissances de l’or et du fer et du nombre
Ne dominent qu’un temps et passent comme l’ombre.
La force ne construit jamais. Les nations
Se brisent dans le choc de leurs ambitions.
Mais tu restes debout avec ta face auguste.
Ta main, dans les conflits se lève ferme et juste.
Le violent se tait lorsque tu dis le droit.
Le faible a son recours ;  il le sait, il y croit
Car toute liberté s’éteindrait sur la Terre
Si, s’élevant pour lui, ta voix devait se taire.
Tu rappelles à l’homme épuisé le plaisir
Qu’il est d’autres espoirs et de plus fiers désirs.
Il apprend les vertus qui t’ont faite si grande.
Parle donc, appuyée au glaive, et qu’on t’entende !
Oppose les progrès des beaux âges chrétiens
Aux nôtres qui ne sont que matière. Et maintiens,
Au-dessus des bourbiers de ce monde superbe,
La primauté de l’âme et la splendeur du Verbe. »

Le temple universel

(...)

« Pour l’oeuvre sans égale où ta bonté s’applique,
Je te salue, ô sainte Eglise catholique !
Je te vénère, humaine et divine Maison,
Où la mystique vit au coeur de la raison.
Je t’admire après tant tes moissons dans le monde,
Par l’esprit qui mûrit et le sang qui féconde.
Et je t’aime d’unir pour tes vastes desseins
Les maîtres de beauté, les savants et les Saints. »

[NDLR : extraits notés « sous la dictée »,  donc sous toute réserve,
notamment sur le plan de la ponctuation...]

 

furent évoqués :

 

le quatrième centenaire de la naissance de Corneille (6 juin 1606)

http://www.academie-francaise.fr/immortels/index.html

 

Jugement de Napoléon (février 1816 ou 1817) : « La tragédie échauffe l’âme,
élève le coeur, peut et doit créer des héros. Sous ce rapport, peut-être, la
France doit à Corneille une partie de ses plus belles actions. »

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 10:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

Jean Follain (1903-1971)

Flore Tilly, prix Arthur Rimbaud 2005 pour son recueil, "Morceaux d’hier"

 

Jean Follain

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Follain
http://prixjeanfollain.free.fr/bio.htm

 

"Canisy" et "Chef-lieu"



[NDLR : Canisy, dans la Manche, est le village natal de Jean Follain]

 

extrait de "Canisy"
http://www.florilege.free.fr/florilege/follain/lesgrand.htm

 

pour lire et relire Jean Follain
http://www.florilege.free.fr/florilege/follain/a.htm

 

Flore Tilly : Morceaux d’hier, dans l’anthologie "Coeurs en feu, Coeurs en fête"

http://www.lelibraire.com/din/tit.php?Id=52300

 

Là-bas

« Là-bas, m’a-t-on dit, la terre est d’ocre.
Elle s’envole et colle aux talons des femmes,
Elle se mêle aux fleurs d’igname
Et se tasse sous la course des aurochs.

Là-bas, m’a-t-on dit, la terre est puissante.
Elle porte les barques dans le lointain,
Elle découvre les rivages au matin
Et gronde parfois, intimidante.

Là-bas, m’a-t-on dit, la forêt nourrit.
Sous les feuilles croissent des merveilles,
Les fruits y mûrissent au soleil
Et exaltent des parfums exquis.

Là-bas, m’a-t-on dit, la pluie est avare.
Les nuages ne viennent plus,
La rivière a tout bu
Et le soleil mord la peau nue. »

 

L’ennui

« Ennui me sert fort contre sa poitrine,
M’enfonce dans une langueur assassine.
L’indécision tente d’apprivoiser
Mes pensées droites et usées.
La mélancolie m’enserre de ses doigts d’airain
Et me fait manger dans sa main. »

 

[NDLR : extraits pris « sous la dictée »,  donc sous toute réserve,
notamment sur le plan de la mise en page et de la ponctuation...]

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
27 janvier 2006 5 27 /01 /janvier /2006 10:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Jean Decellas

 

autour du 250e anniversaire de la naissance de Mozart (27 janvier 1756) :
lecture de textes et de poèmes

 

 

Henri de Bornier (1825-1901),  vers pour le centenaire du Don Juan de Mozart (28 octobre 1887)

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=474

 

André Chénier (1762-1794)



http://www.anthologie.free.fr/anthologie/chenier/chenier.htm

"La Jeune Tarentine"
http://www.florilege.free.fr/florilege/chenier/lajeunet.htm

 

Voltaire (1694-1778)

http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=207


"Lettre à Cideville"
"A Madame Lullin"
http://www.cedille.com/poeme.asp?c=p&n=828

 

Maximilien de Robespierre (1758-1794)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Maximilien_de_Robespierre

Robespierre et les Rosati d’Arras
http://www.textesrares.com/legay_pages.php?texte=rosati_mp.htm

 

Vers à chanter sur l’air de « Résiste-moi, belle Aspasie. »

« Je vois l’épine avec la rose
Dans les bouquets que vous m’offrez.
Et lorsque vous me célébrez,
Vos vers découragent ma prose.

Tout ce qu’on m’a dit de charmant,
Messieurs, a droit de me confondre.
La rose est votre compliment,
L’épine est la loi d’y répondre

Dans cette fête si jolie
Règne l’accord le plus parfait.
On ne fait pas mieux un couplet
On n’a pas de fleur mieux choisie.

Moi seule j’accuse mes destins
De ne m’y voir pas à ma place.
Car la rose est dans nos jardins
Ce que vos vers sont au Parnasse.

A vos bontés lorsque j’y pense,
Ma foi, je n’y vois pas d’excès.
Et le tableau de vos succès
Affaiblit ma reconnaissance.

Pour de semblables jardiniers
Le sacrifice est peu de chose.
Quand on est si riche en lauriers,
On peut bien donner une rose. »

 

citations de Mozart :

Mozart, dans une lettre à son père (au sujet de l’air n° 3 d’Osmine dans
l’Enlèvement au Sérail :
« Les passions, qu’elles soient violentes ou non, ne doivent jamais être exprimées jusqu’au dégoût et la musique, même dans la situation la plus terrible, ne doit jamais offenser l’oreille mais là encore la charmer, enfin rester toujours de la musique. »

« Pour être grand, il faut être seul ; mais pour être seul, il faut déjà être grand. »

« Pour obtenir le succès il faut écrire des choses si compréhensible qu’un cocher de fiacre pourrait les chanter ensuite ou si incompréhensibles qu’elles plaisent justement parce qu’aucune créature raisonnable ne peut les comprendre. »

Mozart, sur l’album de Gottfried von Jacquin (11 avril 1787)
« Un vrai génie sans cœur est une absurdité, car ni la seule élévation de l’intelligence ni l’imagination ni les deux réunies ne font le génie. L’amour, l’amour, l’amour, voilà l’âme du génie. »

 

autres citations :

Talleyrand (1754-1838)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Maurice_de_Talleyrand-P%C3%A9rigord

« L’élégance et la simplicité réunies sont pour toute chose et toute personne le caractère distinctif de la noblesse. »

 

Rossini (1792-1868)



http://fr.wikipedia.org/wiki/Gioacchino_Rossini

« Mozart a fait la joie de ma jeunesse, le désespoir de mon âge mûr et la consolation de mes vieux jours. »

 

Saint-Augustin (354-430), De pulchro et apto

http://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_d'Hippone

« La beauté, c’est ce qui plaît par soi-même. »

 

Voltaire
« Toute œuvre qui demande une explication ne la mérite pas. »

 

Illustration musicale :

 

extraits des "Noces de Figaro"

 

"Rondo alla Turca"

 

"Ave verum"

 

furent évoqués :

 

le 400e anniversaire de la naissance de Pierre Corneille (6 juin 1606)



http://www.academie-francaise.fr/immortels/index.html

 

Voltaire, à propos de Corneille : "Discours de réception à l’Académie française" (9 mai 1746)

« D’où vient ce grand effet de la poésie, de former et de fixer enfin le génie des peuples et de leurs langues ? La cause en est bien sensible : les premiers bons vers, ceux même qui n’en ont que l’apparence, s’impriment dans la mémoire, à l’aide de l’harmonie. Leurs tours naturels et hardis deviennent familiers ; les hommes, qui sont tous nés imitateurs, prennent insensiblement la manière de s’exprimer, et même de penser, des premiers dont l’imagination a subjugué celle des autres. Me désavouerez vous donc, Messieurs, quand je dirai que le vrai mérite et la réputation de notre langue ont commencé à l’auteur du Cid et de Cinna ? (...) C’est le plus grand de vos premiers Académiciens ; c’est Corneille seul qui commença à faire respecter notre langue des étrangers, précisément dans le temps que le cardinal de Richelieu commençoit à faire respecter la couronne. L’un et l’autre portèrent notre gloire dans l’Europe. »

http://www.academie-francaise.fr/immortels/discours_reception/voltaire.html

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
13 janvier 2006 5 13 /01 /janvier /2006 10:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !] 

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

hommage à Geneviève Clancy (morte le 11 octobre 2005)

 

Liza-Maria Winterhalter, comédienne et poétesse

http://lesmuses.site.voila.fr/liza.htm

précédente émission avec Liza-Maria Winterhalter :
LdJ Pierre Dehaye 16/12

 

Geneviève Clancy

http://www.editions-harmattan.fr/vitrine_pop.asp?no=3977
http://www.printempsdespoetes.com/le_livre/moteur.php?fiche_poete&cle=664
http://perso.wanadoo.fr/revue.faire.part/Bio_Clancy.htm

 

"Les cahiers de la nuit"

 

florilège :

[NDLR : extraits pris « sous la dictée »,  donc sous toute réserve, notamment sur le plan de la mise en page et de la ponctuation...]

 

Prologue

« Le rouge du soir retient le soir.
Les gestes s’effacent dans la courbe des choses.
La nuit vient. Comment compter la nuit ?
Les mots n’apaisent pas le vide qui les sépare de ce qu’ils nomment.
Ils accueillent sur le seuil la rumeur qui porte l’inconnu de l’accompli,
la nuit impénétrable qui nous pénètre,
paradoxe de paix et de peur,
double visage du calme infini et de la malignité des ténèbres.
Comment faire la nuit en nous,
penser le monde non plus dans une conscience des choses,
mais selon une conscience du parcours des choses dans l’immanence qui unit la pensée à l’univers ?

(...)

Ce qu’il y a d’invisible dans la part éclairée des mondes est éclairé par la nuit. »

 

1re partie : « Les lumières du devenir »

« La soif première qui lie homme et lumière n’est pas une nostalgie.
Elle est dans les yeux dix regards de l’enfant traversant les décombres,
dans cette beauté qui garde indéchiffrable le destin du jour,
la courbe verticale de la nuit gardienne des avenues.
Assurer la résonance du pas dans la nuit est l’oeuvre des forces d’irréalité pour s’arracher au néant. »

(...)

« Le matin sobre de vivre ne vaut pas à n’importe quel prix.
Le sacrifice s’apparente à l’origine, cet en delà nuptial de la fin et de l’aurore.
La nuit est ce sentier sans rives des amandes claires.
Nous sommes ingouvernables, notre vol est au futur.
Seule la faim d’absolu désaltère le réel. »

« La voix blanche des choses est le seuil gardé du verbe et des signes.
Qu’attend la source pétrifiée en protégeant son murmure ?
Les détachés de l’inconnu sont les passants de l’harmonie soudaine
Entre l’instant et le temps.
La souffrance cristallise l’espace ; plus rien ne peut se déployer.
Le sens est carcéral ; la durée est prise dans les glaces. »

(...)

« Il y a des messages lisibles seulement depuis l’invisible. »

(...)

« Quel est ce monde où il ne reste que la mort pour défendre le sens de la vie ?
Les mots deviennent des silences errant à l’incendie du temps.
Que sait la conscience à l’instant du sacrifice ?
qu’elle franchit son humanité ou qu’elle en protège le seuil...
Quelle lumière de lumière découvre-t-elle par l’entrée de la nuit ?
La proximité quotidienne de l’inique et du malheur innaturel,
Le regard de fatalité impuissante dont on les accompagne
Fait abîme.
Il en a toujours été ainsi, dit-on.
La simple beauté de devenir au coeur des autres ne fut-elle jamais ?
Par quelle déchirure de l’obscur peut-on voir que ce qui ne fut jamais pourtant est ?
Voir cet interstice le plus approché de la liberté
où le réel hante l’irréel comme son double...
La révolte est cette voyante qui fait route vers la proximité des irréels.
Son chemin n’éclaire pas le sens de l’histoire, il en révèle l’être.
Ce bruit de nuit entre le fleuve et ses rives : instant de pure présence à l’être selon ses fonds,
Présence à la verticalité, détachant les ombres,
Approche du littoral tutélaire
de la lumière »

(...)

« La parole entend le bruit de l’étoile.
La détresse a ses échos dans le refus de l’inadmissible.
Elle éclaire ce que mourir, pour vivre, a de philosophique.
Révélation de la nature du temps historique où elle vient,
Elle en dessine l’inhabitable pour en devenir humain.
Cet engagement pour la hauteur de vivre ne se voit que depuis le regard intérieur.
Ce voir de nuit par les choses remonte à la naissance de leur forme,
Ce voir de nuit traversant l’épaisseur sensible jusqu’à son espace de lumière,
Ce voir de nuit, présence d’un monde dont on réalise qu’il est autre
En étant resté le même.
Un homme perdu s’étend au sol, épuisé, sous la nuit.
Pressentant une présence, il appelle.
Une voix lui répond :
‘Prends le chemin invisible qui passe le long de ta route.’ »

 

2e partie : « Cristaux de nuit »

« Ecouter le corps intérieur des pierres.
Effleurer la présence de l’illisible dans l’impénétrable.
Entrer en nuit.
La conscience est cernée d’infranchissable,
Ce vide entre les choses et leur nom,
Pour lequel elles ne possèdent aucune expression.
Il lui faut changer de plan et devenir conscience nuitale,
Pensée pouvant franchir cette grande absence.
Ecouter l’incandescence sourde des lignes,
Effleurer le cantique morcelé des ailleurs.
Entrer en nuit.
La nuit, comme pensée, abolit le vide qui sépare la conscience du langage.
Elle transforme les mots en miroir de l’indicible.
La parole devient alors reflet de l’inexprimable.
La conscience en son plan nuit ne nomme plus la réalité
Mais s’offre à elle en résonance de ses formes
Ecoutez l’écart où passe la nuit éclairante des signes.
Effleurez la part infinitive des choses dans ses miroirs.
Entrez en nuit. »

 

illustration musicale :

 

Georges Enesco, extraits de la Symphonie de chambre, op. 33 (1954)

 

furent évoqués :

 

Éditions de l’Harmattan
http://www.harmattan.fr

 

Collection Poètes des cinq continents
http://www.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=collection&no=116

 

revue "Le coin de table"
http://www.printempsdespoetes.com/le_livre/moteur.php?fiche_edi&cle=285

 

Sabine Sicaud (1913-1928)



http://poesie.webnet.fr/auteurs/sicaud.html
http://www.florilege.free.fr/florilege/sicaud/a.htm

 

Pierre Albert-Birot (1876-1967)



http://perso.wanadoo.fr/hotelbeury/hotelbeury_html/hotel_beury_albert-birot.html
http://www.florilege.free.fr/florilege/albert_b/
« Un poème est un ciel où le poète se retire. »

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
30 décembre 2005 5 30 /12 /décembre /2005 10:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !] 

 

présenté par Jean Decellas, avec la collaboration de Nicole et de Michèle

 

la vie et l'œuvre de Joseph Berchoux (1765-1839), poète et inventeur de la gastonomie

 

http://www.chefsimon.com/berchoux.htm
http://www.textesrares.com/berch_pages.php?texte=berch.htm

 

Le gigot

J'aime mieux un tendre gigot
Qui sans pompe et sans étalage
Se montre avec un entourage
De laitue ou de haricot.
Gigot recevez mon hommage ;
Souvent j'ai dédaigné pour vous
Chez la baronne ou la marquise
La poularde la plus exquise,
Et même la perdrix au choux.

 

La Gastronomie, 1801
http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/B0000DT89B/
http://www.gastromedia.com/Images/Berchoux.JPG

 

« J'ai chanté le gigot dans un temps plus prospère.
De mon amour pour lui je fis l'aveu sincère.
J'ose le faire encore... »

« Si parfois l'on vous prie à dîner sans façon
Et sans cérémonie,
refusez promptement ce dangereux honneur.
Cette invitation cache un piège trompeur.
Souvenez-vous toujours dans le cours de la vie
Qu’un dîner sans façon est une perfidie. »

« Un poème jamais ne valut un dîner. »

 

furent évoqués :

 

Archestrate, petit-fils de Périclès, auteur d’un poème sur la gastronomie
http://terroirs.denfrance.free.fr/p/encyclopedie/archestrate.html

 

François Vatel
http://www.chefsimon.com/cel3.htm

 

Jean-Anthelme Brillat-Savarin

http://www.chefsimon.com/cel4.htm

 

Antonin Carême

http://www.cuisine-classique.com/mCCareme.htm
http://www.chefsimon.com/cel7.htm

 

Auguste Escoffier

http://www.chefsimon.com/cel11.htm

 

Marcel Rouff : "La Vie et la Passion de Dodin-Bouffant, gourmet"

http://www.chefsimon.com/cel17.htm

 

illustration musicale

 

Philidor, "Musiques à la Cour du Roi Soleil"

 

Michel-Richard Delalande, "Symphonies pour les soupers du Roi"

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
16 décembre 2005 5 16 /12 /décembre /2005 10:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

Liza-Maria Winterhalter, comédienne et poétesse

http://lesmuses.site.voila.fr/liza.htm

 

"L’année des Larmes Blanches" (à paraître en janvier 2006)
http://www.harmattan.fr

 

« Entre deux colonnes toutes couturées de silence
L’arbre syllabique prend feu. »

(...)

« Je m’élance ! Plus de béquilles !
Folâtre miroir sans reflet, éclat de rubis au genou blessé.
Qu’importe si je boite !
Boite droite ! Et les mains déliées,
Et les mains annonceuses de présages,
Et les mains déliées plus profondes que les greniers d’autrefois te
guideront.

L’eau coule, douce, tranquille, dans l’intimité de ma peau.
Je me suis détournée du bois sans repos.
Chaque canne, corne de cire, gît dans sa racine gelée.
Qu’importe ! Boite droite, silencieuse, suspendue.
Je chausse la botte d’or.
Chaque pas est un envol et la main remue le ciel.
Tout mouvement porte en lui son nuage »

 

fut évoqué :

 

Geneviève Clancy : "Les cahiers de la nuit"

http://www.printempsdespoetes.com/.....nom=Genevi%E8ve%20Clancy

 

illustration musicale :

 

Marbrianus de Orto (c.1460 – c.1529) : « Les Lamentations de Jérémie »

 

Mendelssohn, Symphonie n°5, extrait de l’andante

 

Brahms, danse hongroise

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
2 décembre 2005 5 02 /12 /décembre /2005 10:45


[article rédigé par Aristote, merci à lui !]

 

présenté par Jean Decellas

 

2 poètes français du XIXe siècle évoquent l'épopée napoléonienne

 

 Auguste Marseille Barthélémy (1796 -1867)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Auguste_Marseille_Barth%C3%A9lemy
http://perso.wanadoo.fr/...../BARTHELEMYauguste.htm

 

Barthélémy écrivant à quatre mains avec Méry dit de son collaborateur:
« C’est mon hémistiche vivant ! »

 

"Napoléon en Egypte"
http://www.utqueant.org/net/carnapoleon.html

 

"Le Fils de l’homme"
http://gallica.bnf.fr/Catalogue/noticesInd/FRBNF30932958.htm

 

 

 Joseph Méry (1798-1866)

"Un chat, deux chiens, une perruche, un nuage d'hirondelles"
http://www.bmlisieux.com/litterature/mery/perruche.htm

 

"Les ruines de Paris"
http://www.biblisem.net/narratio/meryruin.htm

 

"La chasse au châstre"

http://www.bmlisieux.com/litterature/mery/chastre.htm

 

"Les nuits italiennes"

http://www.payot-rivages.fr/asp/fiche.asp?id=1778
http://www.alapage.com/mx/?tp=F&type=1&l_isbn=2228891460

 

furent évoqués:

 

la bataille de Trafalgar et Bernard Guillemard
http://www.snof.org/histoire/nelson.html

 

le bicentenaire de la bataille d’Austerlitz
http://www.vialupo.com/austerlitz/preambule.html

 


 

du 26 novembre au 11 décembre, salon organisé par la Société Versaillaise des Artistes d’Ile-de-France au Carré à la Farine, place du Marché Notre Dame à Versailles. 01 39 51 52 04

 

catégorie : (LdJ Pierre Dehaye)
18 novembre 2005 5 18 /11 /novembre /2005 10:45


présenté par Pascal Payen-Appenzeller

 

Maurras, le poète

 

François Marie Algoud, fondateur de l'Œuvre chrétienne de la Cité Vivante
http://www.citevivante.com

 

Actualité et présence de Charles Maurras:
Tome I : Un très grand poète, la musique des vers au service de l'ordre, du beau et du vrai
Tome II : L’Altissime au service de la France et de l’Eglise

 

46€ les 2 tomes

disponible à Duquesne-Diffusion, 27 avenue Duquesne, 75007 Paris, et à Editions du Chiré, BP 1, 86190 Chiré-en-Montreuil

 

Charles Maurras (1868-1952)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Maurras
http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academiciens/fiche.asp?param=576
http://www.actionfrancaise.net/modele.php?url=histoire/biographies/charles_maurras.php

 

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